Kutzenhausen – Ma sorcière bien-aimée

Gare aux sorcières qui rôdent jusqu’au 6 mars à Kutzenhausen, mais surtout entre les murs de la Maison rurale de l’Outre-Forêt où l’exposition “Rites, croyances et persécutions en Alsace” ainsi que des ateliers et conférences ont lieu.

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L’exposition sur les sorcières est visible jusqu’au 6 mars. / ©SB

« Je vais vous parler du temps de vos ancêtres, quand la forêt faisait peur, avec des loups, des bandits et…des sorcières ! », commence Denise, une ancienne enseignante qui guide un groupe d’enfants de 6 à 12 ans. À l’époque, aux 18e-19e siècles, « la vie en hiver, sans électricité, n’était pas aussi facile, et en plus, il fallait se protéger contre les esprits ».

À l’entrée de la bâtisse, une vis de sorcière est sculptée dans la poutre « contre les incendies » ; à l’intérieur, un nid d’hirondelles, qui, elles, portaient bonheur ou encore « des 8 au plafond, signe d’infinitude, d’éternité ». Même la porte de la cave arbore « une gravure de soleil irradiant, c’est-à-dire de la vie, pour garder les aliments et tout ce qui était produit durant l’été ».

Les enfants ont pu fabriquer une poupée sorcière lors d’un atelier.

Trop près du diable

Mais il arrivait qu’un jambon pourrisse… « Les gens pensaient que c’était une sorcière qui gâtait la viande, alors ils condamnaient les fenêtres », poursuit Denise avant de renchérir : « On ne mangeait pas les pommes de terre à l’époque car elles poussaient trop près du diable ! » Mais quand un enfant criait famine, les mères les en nourrissaient puis étaient punies par le bûcher…

Toutes les pièces de la maison alsacienne sont visitées une à une, avec leurs anecdotes liées au linge, aux instruments de musique ou au couchage, et une douce odeur d’ancien flotte entre la cuisine et les différentes stubs. Mais il est temps d

e fabriquer une poupée végétale « pour éloigner les mauvais esprits du jardin » : armés de foin et de branches de sapin qu’ils attachent autour d’un bâton et coiffent d’un fichu, les enfants raniment les croyances de leurs ancêtres le temps d’un après-midi.


À l’étage, l’exposition temporaire sur les sorcières en Alsace a été prêtée par le collectionneur d’objets religieux et ésotériques Raymond Heidinger, et par les ateliers de la Seigneurie d’Andlau. Les nombreux panneaux abordent des questions comme « Pourquoi les femmes ? », « Les principales légendes », « Les plantes magiques », et des exemples locaux comme « Les sorcières de Sélestat ». Des représentations d’artistes sont également visibles et une conférence de Gérard Leser aura lieu le 6 mars.

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