Kurtzenhouse – « Une collection vivante de botaniste »

Qui pourrait imaginer que derrière la façade et le portail ordinaires d’une maison de Kurtzenhouse s’étend toute une forêt d’érables remarquables entretenus avec passion par André Muller ?

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André Muller récolte avec passion les cultivars de ses érables japonais. / ©SB

« Je suis un peu rêveur, j’aime descendre plusieurs fois par jour dans mon jardin », ouvre André Muller. « Chez moi, ce n’est un jardin de femme avec des décorations et des fleurs, mais un jardin d’homme, une collection vivante de botaniste. Et ce n’est pas sophistiqué, on est libre de marcher où on veut », plaisante celui qui a tracé des sentiers au milieu des 25 ares de son terrain à Kurtzenhouse. Mais en suivant le chemin, ses érables japonais préférés sautent aux yeux, comme Osakazuki et Kashima.

Rouge corail, grenat, bordeaux, brique, toutes les nuances de rouge se mêlent aux jaunes et au marron des feuilles d’automne dès le portillon de ce jardin zen passé. Acer japonicum aconitifolium, en revanche, est déjà dépouillé : le tout premier érable japonais de la collection d’André trône fièrement devant le pavillon, un tas de feuilles orangées à son pied. « Il date des années 80 et ma passion a commencé avec lui. J’étais enseignant pour personnes handicapées, et un jour, nous avons visité une pépinière avec ma classe, le déclic. »

A la recherche de raretés

André se rapproche alors du Jardin botanique de l’université de Strasbourg, devient membre de l’association et se met à sillonner les salons à la recherche de raretés, outre les érables, des cornouillers américains ou asiatiques, des liquidambars, des viornes… Au fil de la balade, la lumière change, des tons chauds à la pénombre : « Les érables ici sont tous différents, il y en a une centaine, des formes en cascade, des nains dans les rocailles, des panachés, des classiques pourpres, des peaux de serpent… »

Car l’objectif d’André est aussi d’« avoir toujours quelque chose au jardin, même en hiver, d’où les écorces remarquables, orangées ou qui desquament », démontre-t-il d’un geste amoureux. Si sa femme et sa petite fille lui prêtent main-forte, d’une part pour les semis- « 820 il y a deux ans », relève sa femme devant une rangée de petits pots, de façon à « trouver la plante qui sort du lot » -et d’autre part, pour le ramassage des feuilles mortes, elles ont aussi l’honneur d’avoir des arbres plantés pour elles. à la postérité.

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