Kia Sportage : par petites touches

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Le Sportage entend bien demeurer le modèle de Kia le plus vendu en Europe. Pour rester en haut de l’affiche, le SUV évolue en douceur. Après un restylage d’ampleur il y a quelques mois, le crossover accueille aujourd’hui de nouvelles motorisations. Assez pour rester dans la course ?

Drôle de parcours que celui du Kia Sportage. Celui qui se classe aujourd’hui parmi les SUV les plus vendus au monde n’a pas toujours connu les lauriers de la gloire. La première génération, sortie en 1994, est restée cantonnée à son marché intérieur et les projecteurs ne se sont braqués sur lui qu’à partir de 2010, année où Kia a décidé de faire de lui un véritable SUV. La reconnaissance ne s’est d’ailleurs pas fait attendre. Renault a, par exemple, reconnu s’être largement inspiré du Sportage pour concevoir son Kadjar. Un aveu étonnant quand on sait que l’Alliance possédait déjà dans ses rangs un certain Nissan Qashqai sorti en 2007… Le Sportage a su observer les pionniers du genre qui essuyaient alors les plâtres tout en se positionnant avant la grande mêlée actuelle. Pas étonnant, alors, de voir que les ventes du Sportage ont explosé entre 2015 et 2016, lors de la sortie d’une seconde génération.

L’art du détail

C’est sûr cette base solide que repose le Sportage actuel. Kia le fait évoluer par petites touches et ne change pas une formule qui fonctionne à merveille, comme en témoigne ce léger restylage de rentrée. Comme de coutume lors de ce genre d’opération de chirurgie esthétique, les nouveautés jouent au jeu des sept erreurs. Il faut se tourner vers les boucliers et les feux inédits pour noter les changements effectifs. Le choix de relier les blocs optiques est du meilleur goût. Cela renforce le charisme déjà grand de ce Sportage. Jamais la calandre, baptisée Tiger Noise, n’a aussi bien porté son nom. Le SUV coréen a de vrais airs de grand félin prêt à bondir.

Lors du précédent restylage, le Sportage a profité d’un allongement de 4 cm. Trônant désormais à 4,45 m de long, il est l’un des plus grands modèles de sa catégorie. Et cela se ressent à l’intérieur. Entre cette croissance bienvenue et une garde au toit qui, elle aussi, a été revue à la hausse (+1,6 cm), le crossover n’a pas de concurrent sur son segment dans ce domaine.

Mieux, les passagers sont particulièrement bichonnés avec des dossiers inclinables, des prises USB et des sièges chauffants. Le coffre témoigne de la générosité du Sportage avec ses 503 l. Cette petite mise à jour de rentrée concerne également le combiné d’instrumentation qui a été revu en profondeur afin de gagner en simplicité. Il faut dire que la précédente version brillait par sa complexité. Ce n’est pas encore tout à fait intuitif, mais le conducteur s’y retrouvera plus facilement. Kia conserve le parti pris « une commande, un bouton » : les réfractaires au tactile seront heureux de l’apprendre, mais la console centrale reste bien encombrée. Côté équipement, on note l’apparition d’un régulateur de vitesse adaptatif avec fonction arrêt/redémarrage, d’un détecteur de fatigue ou encore d’une caméra à 360° pour le stationnement. Ces dispositifs viennent s’ajouter à une dotation déjà généreuse.

Motorisations aux normes

Kia n’a pas encore osé toucher à la plateforme technique du Sportage, préférant se reposer sur un châssis qui a vu sa rigidité augmenter de 39 %, ses trains roulants être retravaillés et sa direction améliorée. On comprend ce choix prudent tant le SUV coréen offre un confort de conduite exceptionnel. Le roulis se fait certes encore sentir, mais la direction est précise et sûre, le comportement sans faille et l’agrément parmi les meilleurs du marché. On salue, par exemple, le travail réalisé sur l’insonorisation.

Pour cette rentrée 2018, le Sportage change certains de ses moteurs. L’occasion pour lui de se mettre aux normes Euro 6d-TEMP. Le diesel 1,7 CRDi de 115 ch et 141 ch tire sa révérence au profit du 1,6 CRDi décliné en 115 ch et 136 ch. La principale nouveauté est le nouveau moteur 2 l diesel EcoDynamics+ qui fait le pari de l’hybridation légère. Il est associé à une batterie 48V alimentant un alterno-démarreur électrique capable de récupérer l’énergie cinétique et de fournir un petit boost de puissance. Les versions les plus puissantes, peuvent jouir d’une transmission intégrale et d’une boîte de vitesses à double embrayage.

Kia n’a pas encore révélé les tarifs de cette nouvelle version. Le prix de base devrait rester aux alentours de 24 000 € avec le trop modeste 1,6 l essence. Il faudra miser sur un ticket à 31 000 € pour s’offrir une version de milieu de gamme bien équipée. Le Sportage n’est pas le moins cher des SUV, mais il bénéficie d’un excellent rapport prix/équipement. De quoi conserver une petite longueur d’avance.