Kia e-Soul, le coup de foudre

Proposition originale, le Kia Soul, fruit d’une étonnante greffe entre une minicitadine et un petit monospace, n’a pas réussi à convaincre pleinement le public européen. L’électrification des modèles du constructeur coréen lui permet de revenir avec une nouvelle carte à jouer qui a tout de l’atout majeur.

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Les millésimes 2018 et 2019 resteront dans l’histoire de Kia comme un grand cru. La sortie du Niro puis de l’e-Niro, la version électrifiée de ce petit SUV moderne, marque en effet le début d’une nouvelle ère pour le constructeur coréen qui a surpris le monde entier en étant le premier grand nom de l’industrie à dégainer une telle gamme sur le marché.

D’ici à 2025, Kia proposera 16 véhicules électrifiés (en version hybride, hybride rechargeable, électrique et hydrogène). La redistribution des cartes par les injonctions écologiques et économiques semble donner raison à la firme asiatique. Un nouvel atout est peut-être même sur le point de se révéler : le Soul. Ce véhicule urbain qui allie compacité et habitabilité a toujours été considéré en Europe comme une proposition trop exotique et n’a pas trouvé son public. Kia n’a pas abdiqué pour autant et a décidé d’avancer une troisième génération uniquement déclinée en version 100 % électrique.

La bonne formule

Le Kia e-Soul reprend la plateforme technique de l’e-Niro. Celui qui réalise la synthèse improbable d’un miniSUV et d’un monospace offre ainsi le choix entre deux motorisations. La première dispose d’un moteur électrique de 136 ch (100 kW) reposant sur une batterie de 39,2 kWh. L’autonomie est déjà généreuse avec un champ d’action de 276 km en cycle d’homologation WLTP. C’est le modèle d’entrée de gamme affiché à 37 300 € avant bonus de 6 000 €. La seconde itération affiche des caractéristiques techniques pleines de promesse. Le bloc-moteur développe en effet 204 ch (150 kW) grâce à sa batterie de 64 kWh. L’autonomie passe alors à 452 km. Le tout pour un joli chèque de 41 300 € avant bonus.

C’est cette version qui a retenu notre attention puisqu’il s’agit de l’une des rares offres du marché à afficher une autonomie aussi généreuse. En roulant sans ménager le Soul, sur un parcours mixte et avec toutes les options de confort en route, de la musique au chauffage, il nous a été possible de parcourir 380 km. Dans des conditions plus favorables et avec une conduite plus « écoresponsable », l’autonomie théorique est atteignable. Petit plus amusant, le Kia e-Soul dispose d’un système de récupération d’énergie modulable. En jouant avec les palettes situées au volant, on peut aller jusqu’à serrer le frein de manière forte. On peut ainsi se passer de la pédale du milieu, le freinage intervenant lorsque l’on n’accélère plus, afin de récupérer un maximum d’énergie.

L’ordinateur de bord affichant à chaque trajet le nombre de kilomètres économisés, on se prend très facilement au jeu. Le silence de fonctionnement et la disponibilité immédiate de la puissance (204 ch) rendent toujours aussi agréable et pertinente la conduite d’un véhicule électrique en ville. Le 0 à 100 km/h est avalé en 7,9 s. Quand on sait que le Kia Soul pèse 1 680 kg et a l’aérodynamisme d’un Rubik’s Cube, ses performances impressionnent. On regrettera cependant la position de conduite trop haute. Le comportement de l’e-Soul est toutefois irréprochable et la tenue de route excellente.

La dotation technologique est généreuse, avec l’aide au maintien en voie, la conduite automatique dans les embouteillages ou encore la caméra de recul, et transforme la conduite en ville en partie de plaisir. Le Kia e-Soul dispose d’une prise de charge rapide qui permet de récupérer jusqu’à 80 % de la batterie en moins de 40 mn. Le système multimédia intègre une application qui liste toutes les stations de recharge à proximité.

Peu polluant, plus séduisant, notamment grâce à sa face avant articulée autour d’optiques très fines et d’un imposant museau, bien fini et confortable, le Kia e-Soul coche ainsi toutes les cases du véhicule citadin moderne. L’avenir lui appartient.