Juliette Baud, Quand le temps s’arrête

La Haguenovienne Juliette Baud, jeune danseuse de treize ans, a participé à la saison 7 de Prodiges sur France 2. Elle a atteint la finale, diffusée ce mardi 8 décembre en prime time, et tout s’est merveilleusement bien passé. Entretien entre deux cours depuis Toulouse où elle est scolarisée au VM Ballet, une école fondée par Vinciane Ghyssens et Matthew Madsen, deux danseurs du Ballet royal de Flandres.

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Tu as commencé la danse à six ans, la passion est née immédiatement ?

J’ai commencé à l’école municipale de musique et de danse de Haguenau, parce que mes copines y étaient. Très vite j’ai voulu progresser et devenir la plus forte possible. La danse est devenue une énorme passion. Vers dix ans, j’ai fait des concours pour entrer dans des écoles en Europe, dont le VM Ballet.

Tu avais douze ans quand tu es partie, comment tes parents ont réagi ?

Mes parents étaient un peu… Parce que voilà, j’étais jeune… Je le suis toujours, bon je ne sais pas comment dire… Comme moi ils savaient que ce n’était pas dans une école municipale ou dans un petit village que je pourrais réaliser mon rêve et faire de la danse mon métier. On m’avait prévenu, si je voulais devenir danseuse étoile ou professionnelle, il fallait que je parte dans une école spécialisée. Mais pour mes parents il était important, par exemple, que je garde un bon niveau scolaire, et c’est vraiment à Toulouse que j’ai trouvé les meilleures conditions.

As-tu eu peur de partir et de quitter tes parents ?

Je ne me suis pas mis la pression, enfin, un peu quand même, mais, l’année d’avant je me sentais prête intérieurement, je me voyais déjà dans une école, je savais que mes parents me manqueraient, que cela serait dur au début, que je serais loin de ma maison et de l’Alsace, que je prendrais l’avion seule, mais je me disais que ça allait bien se passer.

Et tout se passe bien ?

Oui. C’est vraiment un deuxième mode de vie. Je suis à l’internat, je me réveille à 6h30 le matin, mes cours de danse commencent à
8 heures, ensuite il y a une pause déjeuner, puis c’est le moment des cours avec le CNED, et en fin de journée encore une heure de danse. Le soir, je reviens à l’internat, j’appelle mes parents et voilà. Je rentre un week-end sur deux à Haguenau.

Et puis, il y a eu Prodiges sur France 2, cette émission enregistrée à Marseille à la fin de l’été et qui a révélé de nombreux talents, avec dans le jury une certaine Marie Claude Pietragalla. Dans ce show qui valorise les enfants chanteurs, musiciens et danseurs, tu as atteint tes objectifs.

Déjà, me qualifier pour la finale c’était formidable, alors gagner était inimaginable. En plus c’était la veille de la rentrée scolaire. Le plus dur a été l’élimination des autres candidats avant la finale, car nous étions vraiment très très proches. J’étais très heureuse de voir Marie Claude Pietragalla, cette grande danseuse. Elle m’a fait beaucoup de compliments. Elle a même dit que, quand je danse, le temps s’arrête.

Qu’est-ce qui te rend heureuse dans la vie ?

La danse bien sûr. Et le piano, je joue depuis mes 7 ans. À Toulouse, je n’ai pas arrêté, j’ai installé un piano électrique à l’internat.

Que vas-tu faire dans les prochaines années ?

J’espère que cette émission va me faire connaître, ça pourrait m’aider pour entrer dans certaines écoles. Même si je ne sais pas ce que je vais faire. Je peux très bien rester à Toulouse jusqu’à mes 17/18 ans, avant d’entrer dans un corps de ballet ou dans une autre école, par exemple à Amsterdam, ou en Allemagne. Pour l’instant, je me sens bien ici.   

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