JJH Potter – Nature humaine

Le premier extrait du prochain album du songwriter JJH Potter est notre coup de cœur musical de l’été. On écoute en boucle Golden son (disponible sur les plateformes et sur You Tube) et on attend le mois d’octobre et la parution de Low tide, le troisième album de l’auteur-compositeur-interprète. Ce grand voyageur de 48 ans a posé ses bagages en Alsace. Rencontre avec un artiste que l’Alsace du Nord a découvert lors du festival l’Humour des Notes de Haguenau.

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L’album Low Tide sortira cet automne / ©Axel_Vanlerberghe

Vous êtes Nantais, vous avez vécu à Paris et en Australie, mais vous avez décidé de vous installer en Alsace, pourquoi ?

JJH Potter : Oui, je suis arrivé en 2020, c’est tout neuf. Au retour d’Australie, nous sommes venus nous installer à Strasbourg, une ville que j’aimais bien. J’y avais passé du temps avant de quitter la France. Avec ma femme, on voulait une ville internationale pour les études de nos enfants, un garçon de 11 ans et deux filles de 19 et 16 ans qui chantent avec moi (dont Errant souls, avec sa fille aînée), elles font les cœurs sur l’album Low tide qui sortira en octobre. On a un peu retardé la sortie, car Joël Beyler de #14 Records m’a invité à rejoindre son label. C’est une belle rencontre.

Comment vous sentez-vous en Alsace ?

Je découvre la région petit à petit. Je suis plutôt citadin, je n’ai pas de voiture, mais on fait parfois des petits sauts dans les Vosges. Je trouve qu’il y a une super bonne dynamique ici, comme à Haguenau où il se passe beaucoup de choses.

Votre pseudonyme JJH Potter est une référence à votre grand-mère ?

C’est ça. J’ai été élevé dans la région nantaise par ma maman et par ma grand-mère et j’ai voulu lui rendre hommage. Elle s’appelait Jeanne Joséphine Henriette d’où le JJH, son nom de jeune fille était Pottier que j’ai transformé en Potter, car mon univers est plutôt anglo-saxon. C’était presque une évidence.

Vous avez toujours chanté ?

J’écoute de la musique depuis très longtemps et j’ai franchi le pas il y a longtemps lorsque je me suis mis à la guitare. Petit à petit, j’ai construit mon univers. Pendant mon adolescence, j’étais un grand fan du Velvet underground, de tout ce qui était un peu décalé et avant-gardiste. Je n’aime pas entrer dans le «main stream», j’aime ce qui contourne les grandes autoroutes, j’aime faire des détours, je suis assez curieux en fait. Après, j’ai découvert des mecs comme Bob Dylan, je suis passé plutôt à la musique folk, à la recherche d’un son plus pur, plus authentique, pas de bidouille avec mes amplificateurs.

Le premier extrait de l’album est très doux, on a envie de prendre la route et de s’évader en l’écoutant… J’ai hâte de découvrir votre troisième album (sortie le 14 octobre).

L’album, c’est un peu ça. Je suis très content du résultat. Je pense que l’on a atteint une certaine maturité dans cet ensemble. Nous avons enregistré dans un studio analogique, sans un ordinateur, comme dans les années 70, comme au bon vieux temps. L’idée était de retrouver l’authenticité avec ses imperfections, ça, c’est intéressant. Je voulais vraiment créer une ambiance, trouver un truc avec des musiciens et c’est vraiment un travail d’équipe, une très belle expérience, c’est magique. On a réussi avec très peu de musiciens à trouver cet équilibre et cette douceur, et avec plein de choses à dire quand même. Je parle de l’humain, des expériences que j’ai vécues, avec toujours de l’humilité, de retour sur soi-même. Il y a beaucoup de remises en question, beaucoup d’histoires d’amour, et le combat constant de l’humain avec ses démons, ce qui le bouscule chaque jour. Low tide c’est un peu ça, comme une mise à nu. Vous voyez l’image de la marée basse : tu vois la mer, son immensité, un peu comme une carapace, et quand elle se retire, tu découvres qui tu es vraiment, tes imperfections, et des choses plus belles.

Un mot sur le titre Resurgence qui ouvre le disque !

C’est un titre très épuré. C’est marrant, j’ai écrit la plupart des chansons en Australie, mais c’est la première que j’ai écrite en arrivant à Strasbourg. Je suis parti un peu vite d’Australie, je pense. J’ai pas mal changé depuis, mais j’avais un mode de fonctionnement particulier, j’étais assez en colère. J’ai dit « bon, ben je m’en vais, c’est nul ce que vous faites », et je me suis rendu compte en arrivant ici, en changeant d’univers, que ce voyage a changé ma vie. Resurgence parle de mon histoire d’amour avec l’Australie. J’ai laissé cela derrière moi, mais ça a vraiment changé ma vie.

Comment vous sentez-vous dans cette époque, un moment que l’on peut qualifier de crépusculaire ?

Je ne sais pas. Je pense qu’il y a des choses très sérieuses sur lesquelles on doit se pencher d’urgence, notre rapport avec la planète, mais je crois qu’il faut peut-être s’entraider beaucoup plus, se guider les uns les autres.

Et votre musique peut servir à ça ?

Moi, la musique me guide, déjà. C’est aussi une façon de me soigner de mes démons, en les partageant et en posant des questions, une façon de partager des vibrations. J’invite à faire un voyage. C’est un chemin de partage.

Vous rêvez d’arriver quelque part ?

Non, j’avance. Je n’ai pas de prétention d’idéal, j’ai envie que tout aille bien, que les gens aillent bien, je n’ai pas forcément envie de m’isoler dans ma cabane, mais par moments, j’en ai besoin.

Est-ce que la reconnaissance est importante pour vous ?

En fait, je lie la reconnaissance au partage. Si tu as pu partager des choses, si tu as pu apporter des choses aux gens… Je ne fais pas ça pour rien, mais je ne fais pas ça non plus pour l’ego. C’est ma façon d’exister, c’est mon équilibre.

Vous avez un tatouage sur l’avant-bras, c’est privé où on peut en parler ?

I love not Man the less but Nature more, est une phrase d’un texte du poète anglais Lord Byron. On peut la traduire par : Je n’en aime pas moins l’homme, mais je préfère la nature. Ces mots me portent. Ils ne m’empêchent pas de croire en l’être humain.

 

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