Jean-Pierre Fugier, Cora Corps

Né à Salon-de-Provence il y a 50 ans cette année comme le Groupe Cora (18 000 personnes, 6 magasins en Alsace) pour lequel il travaille depuis presque trois décennies, Jean-Pierre Fugier est « un pur produit Cora » comme il dit. Ses parents se rencontrent à Entzheim pendant le service militaire de son père qui deviendra géomètre dans les autoroutes. Du coup, la famille voyage beaucoup dans l’hexagone avant de revenir en Alsace. Une région que notre invité connaît, même s’il découvre l’Alsace du Nord depuis sa nomination comme directeur de Cora Haguenau, il y a trois mois.

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L’Alsace et vous c’est une grande histoire !

Oui, même si j’ai quitté la région il y a plus de 20 ans. J’ai pas mal bourlingué en Belgique et en région parisienne. J’ai commencé ma carrière chez Cora à Strasbourg avec une licence en alternance à l’IECS, j’ai été embauché en 1990, je suis resté 7 ans comme manager rayon. Ensuite, je suis parti en Belgique, avant d’être nommé en région parisienne. J’ai connu mon premier poste de directeur à Livry-Gargan, un très beau magasin, j’ai même dirigé deux magasins en même temps avant un retour souhaité en Alsace où j’ai pris la direction de Haguenau au mois d’avril, un très beau magasin de 10 000 mètres carrés et presque 300 employés.

Qu’est-ce qui a motivé ce choix ?

C’est un choix de cœur, un choix familial, j’ai encore beaucoup de famille ici, une grand-mère de 98 ans, mes parents, ma sœur et des amis. On se fait des amis plus facilement en Alsace où je connais plus de monde qu’en région parisienne. J’avais envie de revenir « sur mes terres ».

Comment définir un bon directeur de magasin Cora ?

Il n’y a pas vraiment de mode d’emploi, nous sommes 61, tous différents, mais c’est un homme de commerce qui sait s’adapter à son environnement, qui écoute ses clients, un commerçant curieux qui sait adapter son magasin à la réalité du moment.

Je vous pose la question, car la formule des grandes surfaces semble avoir un peu vécu. Au moment où vous arrivez à Haguenau, les attentes de votre clientèle ne sont plus les mêmes.

Ça bouge effectivement, l’ADN d’un hypermarché était « tout sous le même toit » ; il y a vingt ans, on vendait des pneus, du bois, de la literie, du luminaire… La concurrence, la technologie n’était pas la même. Il ne faut pas tout jeter, c’est un modèle qui a vécu de très belles années et qui garde de très bonnes bases, mais il faut s’adapter à notre époque. On ne peut plus être « moyen » partout, il faut être bon sur des choix tranchés et les développer quand nous avons la compétence. Il y a aussi une nouvelle attente client, pour le bio ou le mieux manger ; à Haguenau nous avons plus de 120 fournisseurs locaux. Un bon directeur est aussi à l’écoute de ses collaborateurs à qui le magasin appartient, il doit dire les choses, par exemple que demain, nos contrats d’embauche ne seront plus les mêmes. Cora a ouvert une école des métiers, notamment sur la partie produit frais, les gens reviennent avec le sourire, car ils apprennent de nouveaux métiers, ils montent en compétences. Chez Cora, nous avons de vrais bouchers, de vrais boulangers, des gens formés en fruits et légumes.

Vous avez travaillé à Cora Strasbourg, mais connaissiez-vous le nord de l’Alsace ?

Je découvre la région depuis trois mois et je vois de très belles choses, des gens sympas, un environnement, de vraies relations avec le tissu local, que l’on soutient toujours dans la mesure de nos moyens. Je ne connaissais pas ça en région parisienne. Il y a plus de tranquillité, plus de propreté ; sur notre parking il n’y a pas un papier par terre. Quand je vois le dynamisme de Haguenau, tout ce qui se passe dans cette ville, je suis très heureux d’être ici et je compte bien rester longtemps en Alsace.