Jaguar F-Type, le retour de la reine

Grand artisan du retour en force de Jaguar ces dernières années, le coupé F-Type s’offre un passage bien mérité sur la table à dessins. Pas de nouvelle génération au programme, mais un restylage poussé qui voit l’arrivée d’une rageuse version R. La reine est de retour.

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Au rang des grandes satisfactions de Jaguar, depuis la reprise en main par le géant indien Tata, la F-Type arrive en bonne place. Héritier des mythiques Type E et XK 120, ce coupé sportif a su reprendre les codes éternels de ses illustres devancières tout en n’hésitant pas à embrasser la modernité.

La force tranquille

Les amoureux de belle carrosserie seront déçus : il ne s’agit pas ici d’une nouvelle génération. Malgré une naissance en 2013, Jaguar n’a pas jugé le moment opportun pour repartir d’une page blanche. Mission a été donnée à Adam Hatton de retravailler le design de la belle afin de gommer certains de ses défauts de jeunesse tout en gardant la filiation avec le Type E et la XK 120. « L’ancienne était déjà réussie, mais l’implantation de ses optiques la rendait plus étroite de l’avant. Avec ces feux affinés et abaissés, l’auto paraît plus basse, plus large, et surtout, plus longue au niveau du capot », expliquait l’illustre dessinateur britannique lors de la conférence de presse de présentation.

Les changements esthétiques sont nettement visibles et donnent encore plus d’assurance à la F-Type, qui paraît effectivement encore plus rivée au sol, comme un grand fauve prêt à bondir. L’habitacle est toujours aussi rejeté vers l’arrière, comme à la grande époque, mais l’équilibre de l’ensemble est affiné. L’exercice de style est assurément une réussite tant on pourrait passer des heures à admirer la sportive. À l’intérieur, les évolutions sont moins nettes. Les extracteurs d’air érectiles impressionnent toujours autant, tandis que l’on admire la qualité des matériaux utilisés, ainsi que l’assemblage irréprochable. Belle nouveauté tout de même, l’instrumentation analogique disparaît définitivement au profit d’une grande dalle numérique de 12,3 pouces. La version cabriolet est plus que jamais de la partie.

Une question de tempo

Normes Euro 6.d obligent, le chaleureux V6 3 l de 340 ou 380 ch a été poussé vers la sortie. Pour le remplacer et combler l’écart entre le 4-cylindres de 300 ch et le V8 de 575 ch, toujours au programme, Jaguar a pris le parti d’assagir son V8 et de contenir ses ardeurs à 450 ch. La Type-F montre cependant son vrai visage tout en haut de la gamme, avec la rageuse et inédite version R, qui remplace avantageusement la SVR.

La puissance passe de 550 à 575 ch. La transmission intégrale a été peaufinée (l’embrayage multidisques renvoie au maximum 30 % du couple vers l’essieu avant), le châssis renforcé, la suspension corrigée et de nouvelles montes Pirelli élargies de 10 mm sévissent. Le V8 n’a pas la même sonorité qu’auparavant, l’échappement a dû s’adapter aux normes environnementales, mais le dynamisme est toujours au rendez-vous. Le mode Dynamic transforme la F-Type en animal sauvage.

Ce grand félin dévore les courbes malgré son joli poids de 1 820 kg. Le comportement quoique sûr, réserve des petites surprises, qui viennent pimenter la conduite. En 3,7 s, le fauve atteint les 100 km/h avant de s’élancer à plus de 300 km/h. Le ticket d’entrée pour cette merveille s’élève à 64 490 € pour la version 4-cylindres P300. Il faut compter 93 020 € pour la déclinaison 450 ch et 126 400 € pour la redoutable R. Une reine ne se brade pas.