Internet pourrait bien remplacer les conventions de jeu vidéo

Depuis sa première édition en 1995, l’E3 est le rendez-vous incontournable du jeu vidéo. Tous les ans, une grande partie de l’industrie se donne rendez-vous à Los Angeles pour dévoiler le futur du gaming. Mais depuis quelques années, l’E3 fait moins rêver les joueurs comme en témoigne l’échec de l’édition du mois dernier.

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La plus grosse convention de jeu vidéo de France (PGW) a été reportée cette année en raison de la pandémie / ©Paris Games Week

Dans les années 1990, les jeux vidéo faisaient la une des journaux. Le Congrès américain enquêtait alors sur le lien entre « la violence et les jeux numériques », alors en plein essor. Une association de grands industriels du secteur (Entertainment Software Association / ESA) s’était donc formée en réponse à l’enquête, et recherchait des fonds pour son travail sur la classification par âge des jeux vidéo – les fameuses étiquettes PEGI 12, PEGI 16 et PEGI 18, présentes sur toutes les jaquettes. D’abord outil massif de « ré-information » et de financement, le salon est devenu la grande messe des concepteurs, et a propulsé le jeu vidéo parmi les arts incontournables de la contre-culture.

La fin des magazines a tout chamboulé

À l’époque des premiers E3, la seule façon pour les joueurs du monde entier de se renseigner était de patienter de longues semaines que la presse spécialisée sorte leur nouveau magazine. L’avenir se dévoilait donc ici. Mais depuis les années 2000 et avec l’augmentation du prix des places, les studios reprochaient à l’ESA de proposer des prix d’emplacement de stands bien trop élevés. L’ADSL puis la fibre arrivant, les plus gros constructeurs ont réfléchi à des alternatives. 

Internet redistribue les cartes

En 2011, Nintendo diffuse sur Internet son premier « Nintendo Direct » : une conférence exclusivement en ligne qui avait pour objectif de dévoiler les prochains jeux Nintendo 3DS et Wii. Beaucoup moins coûteux qu’une véritable conférence, les autres studios se sont engagés dans la brèche. En 2018, Microsoft se lance avec les « Inside Xbox » et Sony en 2019 avec son « State of Play ». Depuis, les nouveaux Mario, Zelda, Assassin’s Creed et Battlefield (pour ne citer qu’eux) sont dévoilés par les studios lors d’évènements exclusifs.

Le rôle de la pandémie

Au retour de l’E3, du 12 au 15 juin 2021, la magie n’était plus là. Toutes les présentations étaient pré-enregistrées et non en direct, le rythme lent et les annonces décevantes. Les restrictions de déplacement liées à la COVID n’ont pas aidé à cette destruction programmée. Il faut aussi dire que le dévelop-pement de jeux a été grandement ralenti par la pandémie. Alors faute de mieux, les autres conférences continueront sur Internet. Il ne reste qu’à espérer que l’industrie se réveille en 2022 et se rassemble autour de deux ou trois événements majeurs, dans l’esprit qui avait fait naître l’ESA.  

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