Imbsheim – S’arrêter à la maison d’hôtes Au fil du temps, pour que le temps ne file pas

Au cœur d’Imbsheim se niche un ancien corps de ferme impressionnant par sa taille et sa restauration : si les habitants du village le connaissent bien, les visiteurs peuvent s’y arrêter pour dormir en chambre d’hôtes et profiter de la table de Maïté et Jacques.

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Maïté et Jacques à l’ombre du marronnier bicentenaire, devant l’entrée de la maison d’hôtes. / ©SB

Elle est violoniste au conservatoire de Genève, et lui, « joyeux retraité hautboïste ». Ils ont parcouru le monde pour des concerts, mais, originaires de Strasbourg, ont « toujours eu envie de revenir dans une maison à colombages. Nous avons visité beaucoup de maisons condamnées car mal retapées. Imbsheim me semblait loin du lycée de ma fille, mais au fil de la visite, Strasbourg se rapprochait », sourit Maïté.

À 10 minutes de Saverne et sa gare, ouverte sur les Vosges du Nord, l’ancienne ferme construite entre les 17e et 19e siècles les a séduits.

Le couple se lance alors dans une année et demie de « travaux acharnés » et récupère tout ce qu’il peut. Ici, les planches du séchoir à tabac, là les tomettes d’un hôpital de Molsheim ou encore une fenêtre de la Poste de Strasbourg, et pour le mobilier, une ancienne machine à coudre, un banc de Bierstub, un bummelhof mais aussi « un coffre polychromé du 18e siècle chiné 50€ à l’Esplanade, moins cher qu’à Ikea », plaisante Jacques.

Brocantes, antiquaires, internet et même déchetteries, Maïté estime avoir « changé de level niveau culture et patrimoine alsacien ! » Mais pour elle, pas question de musée : « L’idée est de se servir de la vaisselle Sarreguemines de 1890, même si on risque d’en casser, ici c’est vivant ».

La dernière chambre, entièrement créée dans la grange, à partir de matériaux de récupération.

Le centre du village

Labellisée Fondation du patrimoine et lauréate du Prix de la meilleure restauration de maison traditionnelle, la demeure accueille aussi bien des Danois que des Bas-Rhinois pour une ou plusieurs nuits.

« Historiquement, c’était l’une des trois plus grandes fermes viticoles du pays de Hanau, et le centre du village, raconte Jacques. Des fêtes y étaient organisées, elle a servi d’abri pendant la Deuxième Guerre mondiale, et nous voulons y créer un festival de musique l’an prochain. »

En attendant, la table d’hôtes affiche complet, et, même très affairée, Maïté n’abandonnera pas ce poste. « La seule chose qu’on ne fait pas, c’est le repassage. Les repas, c’est en circuit court, et on produit nous-même tout ce qu’on peut ». Partie de rien, elle a créé un potager en permaculture « qui donne énormément. Les oiseaux, les insectes sont revenus et à l’automne, nous planterons des arbres ». Pour rejoindre à la postérité le marronnier bicentenaire de la vaste cour, au fil du temps.

Infos sur www.facebook.com/AuFilDuTemps67

La plaque de la famille Wolf a été descellée et remise en bonne place.

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