Ich ben a beesi frau. Rencontre avec Francis Freyburger

Vendredi 8 mars à la Saline de Soultz-sous-Forêts, Francis Freyburger vous embarque dans un univers à la fois dramatique et drôle, dans la pièce Ich ben a beesi frau, adaptée du très beau récit de l’auteur alsacien Pierre Kretz.

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L’histoire est celle d’une vieille femme solitaire et aigrie qui ressasse inlassablement son passé. Est-ce à cause de ce passé qu’elle est devenue « méchante » ?

Lorsqu’elle avait 20 ans, cette femme est allée à un bal. Elle fut raccompagnée par un mauvais garçon qui a abusé d’elle. Comme elle est tombée enceinte, pour sauver son honneur, elle a épousé ce garçon. C’était dans les années 50, à l’époque de nos grand-mères, cela se passait comme cela.  Elle a vécu un enfer, sa vie fut gâchée par cet homme qui buvait et était violent. Sa méchanceté est venue de là. Elle s’est mise à dire de mauvaises choses sur tout le monde.

Pourquoi un homme joue-t-il le rôle de cette femme ?

Tout d’abord, je devais juste m’occuper de la mise en scène puis je me suis dit que ce rôle était pour moi. Cela me rappelait des souvenirs d’enfance : ma grand-mère toujours habillée en noir qui ne disait rien, peut-être à cause de choses qu’elle avait vécues, les réunions de famille où j’entendais parler des gens du village… Sur scène, je suis habillée en femme, mais, finalement, je suis juste un humain qui raconte une histoire. Et puis, cela me fait renouer avec l’alsacien, ce qui me fait très plaisir. Les paroles sont parfois accompagnées de la belle musique de Daniel Muringer, et le décor est épuré : un plateau carré, qui représente à la fois la piste de danse du bal et la scène du théâtre, entouré de chaises vides.

L’histoire est plutôt triste, mais la pièce ne manque pas d’humour…

Oui, il y a parfois de l’humour dans cette façon de raconter les choses, dans les élans de théâtralité du personnage. Et puis, cette femme n’est pas si méchante que ça. En sortant, les spectateurs sont ravis, car ils ont compris cette femme, ils ont appris à l’aimer.  

Le 8 mars 20h30 à la Saline à Soultz-sous-Forêts, 5,50 à 14€ www.la-saline.fr