Hyundai Kona Electric : la prise de risque

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Hyundai Kona

Alors que la guerre entre l’essence et le diesel fait rage et que les technologies alternatives se mettent peu à peu en place, Hyundai a choisi le camp de la modernité avec une version électrique de son SUV urbain. Le Kona devient ainsi le premier modèle du genre à proposer une version 100 % survoltée.

La guerre des carburants fossiles fait des dommages collatéraux chez les usagers de la route qui paient au prix fort les atermoiements des politiques environnementales. Heureusement, les solutions alternatives se multiplient. Un petit nouveau aux grandes ambitions a profité du
dernier Mondial de Paris pour s’approprier un peu de lumière : le Hyundai Kona Electric. Ce dernier invente une nouvelle façon de produire un modèle fonctionnant à l’électricité. Avant lui, les constructeurs choisissaient entre deux voies. La première consistait à concevoir le véhicule dans une optique 100 % électrique : c’est le cas de Tesla ou de la Renault Zoe par exemple. La deuxième était d’aménager la plate-forme technique d’une voiture thermique, comme pour le Mercedes EQC. Les avantages de la première optique sont importants car elle permet, par exemple, de bénéficier du faible encombrement relatif du dispositif moteur ou encore d’installer des batteries plus importantes. L’autre approche est nettement moins coûteuse, mais il est tout de même dommage d’avoir un couloir de transmission dans un véhicule électrique. Hyundai invente une troisième voie. Le Kona, qui est disponible dans un vaste ensemble de blocs, a été pensé dès l’origine pour accueillir à la fois des moteurs thermiques et électriques.

PROPOSITION UNIQUE
Pour mémoire, le Kona est l’un des nouveaux rivaux du Renault Captur, de la Peugeot
2008, du Citroën C3 Aircross ou encore du Nissan Juke. Il s’agit donc d’un petit SUV compact moderne et connecté. Son électrification a d’ailleurs du bon et les quelques modifications esthétiques opérées par Hyundai afin de bien différencier les versions lui donnent un côté encore plus futuriste. Les designers n’ont toutefois pas fait dans la surenchère et le style est
maîtrisé, comme le prouve la très élégante calandre fermée.

Pour être tout à fait complet, le Kona Electric est disponible en 21 combinaisons de couleurs avec le toit à tons dissociés. La technologie électrique a levé un à un les obstacles qui se dressaient à ses débuts sur sa route : l’autonomie devient plus que suffisante, la fiabilité du train moteur n’est plus à prouver et les temps de recharge se réduisent comme peau de chagrin. Il reste un gros écueil à surmonter : le prix. Pour rendre la transition économiquement plus abordable, Hyundai a décliné son Kona en deux niveaux de moteur puissance et donc en autant de capacités de batterie et de niveaux de finition. La première version dispose ainsi d’une batterie de 39 kWh et bénéficie de 136 ch. Adossée à la finition Creative de la gamme, elle est affichée à 38 400 €. La seconde s’avance avec une batterie de 64 kWh et un moteur de 204 ch. Plutôt intéressant pour un véhicule de ce format. Cette déclinaison démarre en Creative à 42 400€ et monte en Executive, avec un équipement pléthorique, à 44 900€. Les deux Kona survoltés bénéficient du bonus d’État de 6 000€ auxquels peuvent s’ajouter 2 500€ de prime à la mise à la casse d’un diesel antérieur à 2001. Sans oublier la garantie 5 ans kilométrage illimité et 8 ans ou 200 000 km pour la batterie.

RAPIDE COMME L’ÉCLAIR
C’est la version 204 ch qui a retenu notre attention, notamment grâce à ses 395 Nm de couples disponibles immédiatement. La poussée est époustouflante, le Kona étant capable d’atteindre le 0 à 100 km/h en 7,6 s. Les 1 660 kg de la bête, bien alourdie par la batterie, ne pèse pas grand-chose au moment de prendre son envol. Le centre de gravité du Kona Electric étant structurellement bas, le comportement est à l’avenant et ressemble à celui d’une Mini S. C’est dynamique, nerveux, précis. On regrettera simplement le recours à des
pneumatiques peu adaptés à ses bonnes dispositions sportives. La récupération d’énergie se gère au niveau des palettes au volant selon quatre niveaux, allant de la roue libre à la conduite sans frein, proche de ce que propose la Nissan Leaf 2. Il est ainsi possible de conduire en ville uniquement en jouant avec l’accélérateur. La batterie de 64 kWh offre un rayon d’action de 482 km en cycle WLTP, le record du moment. En étant rigoureux, on peut ainsi compter sur 500 km en ville et 300 km sur autoroute. Sur une prise normale, la recharge prend plus de 9 heures. Sur une prise spéciale, on peut atteindre 80 % en 54
minutes ? Sans concurrent direct, mis à part la Renault Zoe qu’il toise aisément, ce Kona
Electric a donc tout pour plaire… à condition de pouvoir investir de telles sommes pour
une voiture.

FICHE TECHNIQUE Hyundai Kona Electric
Dimensions : 4,18 m x 1,80 m x 1,57 m
Empattement : 2,60 m
Volume du coffre : 332 l
Poids : 1 660 kg
Moteur : électrique synchrone à aimant permanent
Puissance : 150 kW (204 ch)
Couple : 395 Nm
Batterie : lithium-ion NMC/64 kWh utiles (67 kWh au total)
Temps de charge :
9 h 40 de 0 à 100 % sur borne 7,4 kW
54 minutes de 0 à 80 % sur borne 100kW
0 à 100 km/h : 7,6 s
Vitesse maxi : 167 km/h (limitée)
Autonomie : 482 km WLTP
Bonus écologique : 6 000 € à l’achat