Honda e, le coup de foudre

La Honda e est le premier véhicule 100 % électrique du constructeur japonais. Cette petite citadine séduit par son style, tout droit sorti des années 70, et par l’originalité de sa proposition. Est-ce suffisant pour franchir le pas et en faire un véhicule aimable au quotidien ? Éléments de réponse.

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Contrairement à ses concurrents insulaires, Honda a décidé de faire cavalier seul dans la course à l’électrification des catalogues. Lors du Salon de Francfort 2017, le constructeur japonais présentait le concept Urban EV qui préfigurait une citadine 100 % électrique. La formule, chaleureusement saluée à l’époque pour son style et l’originalité de ses partis pris, s’est bonifiée avec le temps. Il lui faut passer maintenant l’épreuve de la route.

Sacré style

On ne peut qu’être séduit par le minois de la Honda e. La citadine électrique voyage sans cesse entre un futur dystopique et des années 70 idéalisées. Le choix de l’époque ne doit d’ailleurs rien au hasard puisqu’il s’agit de l’un des plus grands âges d’or de l’automobile, brisé par deux chocs pétroliers. On ne peut choisir meilleur clin d’œil pour souligner la volonté de Honda de tourner le dos aux énergies fossiles.

La e rend hommage à la première Civic et donne un souffle inédit à la vague néo-rétro portée différemment par Fiat et Mini, qui lorgnent d’autres époques. Les feux ronds, la ligne de toit très droite, le bas de caisse au ras de la route, les ailes galbées ou encore le choix permanent du minimalisme, sont à la fois originaux et sans ostentation. On est loin des propositions futuristes de certains constructeurs japonais.

À l’intérieur, on retrouve le même parti pris, quelque part entre Good Bye, Lenin ! (planche de bord linéaire, tissus rétros, ambiance boisée, toit panoramique, large espace vitré, etc.) et Minority Report (instrumentation numérique, double écran tactile de 12,3 pouces, caméra pour la rétrovision qui est retransmise dans les portières en lieu et place des rétroviseurs, aides à la conduite pléthoriques, etc.). La e est un véritable coup de cœur esthétique.

Si l’habitabilité, qui s’élève au niveau de la Jazz, référence chez les polyvalentes, le coffre est le premier indice qui met la puce à l’oreille : la e a dû faire de nombreuses concessions à la fée électricité. Le volume de 170 l est tout simplement le plus petit jamais relevé sur une voiture grand public. Le constructeur a en effet pris le parti de placer le moteur électrique à l’arrière.

Retour de réalité

La Honda e est disponible en deux niveaux de puissance 136 et 154 ch. Dans les deux cas, l’agrément de conduite est bluffant : on se croirait au volant d’une GTI tant les accélérations sont franches, la direction directe et précise, les masses parfaitement réparties et l’agilité enthousiasmante. Même le rayon de braquage de 4,3 m donne le sourire. Le 0 à 100 km/h est abattu en 9 et 8,3 s. La e est une véritable bombe électrique.

Est-ce suffisant pour faire oublier son autonomie limitée ? Les futurs acheteurs auront intérêt à bien étudier leurs usages. La batterie n’offre que 35,5 kWh, loin de ce que peut proposer la concurrence. La Renault Zoé pointe à 50 en version de base et la Peugeot e-208 aussi. Avec des consommations qui tournent autour 15 kWh/100 km, le rayon d’action sera d’à peine plus de 200 km avec la Honda.

Vendue à partir de 35 060 € en 135 ch et de 38 060 € en 154 ch, la e ne brade pas son beau minois et son comportement de kart survolté alors que ses concurrentes directes offrent un rayon d’action quasiment doublé. L’auto ne répondra donc malheureusement pas aux besoins de tout le monde. Mais ceux qui ont les moyens de s’offrir cette citadine branchée, sans avoir besoin de parcourir de trop longues distances, seront sous le charme.