Honda CR-V Hybride : l’étape d’après

Le message passé par Honda lors de la sortie de la nouvelle génération de son CR-V était clair : le constructeur japonais ne comptait plus sur le diesel. Seule l’essence trouvait encore grâce à ses yeux, mais le divorce avec les moteurs exclusivement thermiques se profilait. L’arrivée d’une version hybride, en ce début d’année sensible, confirme cette position inscrite depuis longtemps dans l’ADN de Honda.

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L’histoire est souvent injuste et ne tolère, la plupart du temps, qu’un seul vainqueur. Les mésaventures récentes de Honda confirment cette règle implacable. Alors que le constructeur japonais avait vu juste au sujet de l’hybridation des véhicules dès 1999 avec son Insight, soit exactement en même temps que Toyota et sa première Prius, toute la gloire est revenue à son grand rival. On oublie trop souvent, en effet, que Honda fut un pionnier de l’hybride, ses propositions n’ayant pas trouvé le même public que son concurrent insulaire. Il n’est donc pas étonnant que le « H » ait décidé de rejoindre, à l’instar des autres firmes nippones, l’avant-garde des constructeurs qui poussent à une transition énergétique à marche forcée. La dernière génération de son CR-V, sortie l’été dernier, présentait ainsi un catalogue dépourvu de tout moteur diesel. L’étape suivante était claire : une telle décision ne pouvait que précéder la sortie d’un modèle hybride. C’est en ce début d’année, où l’énergie est au cœur de toutes les passions, que Honda décide de franchir le pas.

Le choix de la raison

Voir Honda prendre ses distances avec le diesel était déjà un événement. Avec son 4-cylindres i-DTEC 1,6 l garanti un million de kilomètres, la firme au H tient l’un des meilleurs moteurs diesel du moment. Quand on ajoute à cela le fait que le diesel représente 98 % des ventes de Honda France, on mesure mieux la portée d’un tel choix stratégique. Le gasoil est donc remplacé par un bloc hybride. Pour franchir cette étape importante, les ingénieurs nippons ont développé une technologie innovante baptisée i-MMD pour Intelligent Multi-Mode Drive. Derrière cette appellation sibylline se cache un moteur 2 l i-Vtec de 145 ch couplé à deux moteurs électriques alimentés par une batterie lithium-ion. L’ensemble développe une puissance de 184 ch et 315 Nm de couple.

L’astuce réside dans le fait que l’un des deux blocs électriques ne sert pas à la propulsion mais fait office de générateur de puissance pour le second. Autre ingéniosité, la transmission intégrale, disponible en option, ne repose pas sur la présence des moteurs électriques sur les roues arrière mais fonctionne exactement de la même manière que sur la version 100 % essence, ce qui évite de nombreux problèmes de fiabilité et de déperdition d’énergie. De fait, malgré sa masse importante de 1 672 kg, le CR-V 4WD bénéficie d’un comportement étonnamment dynamique qui tranche avec son caractère historiquement placide. L’hybridation est quasiment insensible pour le conducteur : trois modes de conduite sont disponibles et celui par défaut remplit parfaitement son rôle.

En ville, le CR-V roule à 50 % en électrique et à hauteur de 30 % sur les routes secondaires. Les 184 ch et les 315 Nm de couple sont largement suffisants pour dépasser sereinement. En milieu urbain, la présence du couple dès les premiers tours de roues, caractéristique des motorisations électriques et hybrides, est toujours aussi agréable. Les consommations balisent parfaitement les bienfaits, mais aussi les limites d’une telle solution. En ville, les performances sont est excellentes puisque nous avons pu constater une consommation de l’ordre de 5 l/100 km. C’est bien, également, sur le réseau secondaire, où l’on n’a guère dépassé les 6,5 l/100 km. C’est sur autoroute que le bât blesse avec une consommation qui flirte dangereusement avec les 10 l/100 km. Les très gros rouleurs n’y trouveront donc pas leur compte. Les usagers qui alternent centres urbains, petites routes et quelques kilomètres sur voie rapide en auront, en revanche, pour leur argent.

Et d’argent, il faut d’ailleurs en parler. Si c’est souvent là l’autre défaut des moteurs hybrides, Honda n’a pas cédé aux excès de l’époque. Le CR-V Hybride s’affiche à partir de 34 600 € en 4×2 et de 36 600 € en 4×4. C’est 2 000 € de plus que l’ancienne génération fonctionnant au diesel, aujourd’hui frappée d’un lourd malus. Pour mémoire, le premier prix essence est à 29 790 €. Le haut de la gamme est à plus de 45 000 €. Honda propose une location intéressante : 399 € par mois avec entretien sur 5 ans/50 000 km pour un CR-V Hybride 4×2 Executive très bien équipé (apport de 5 260 €). L’addition est donc raisonnable, même si un tel véhicule n’est pas à la portée de toutes les
bourses..