Haltérophilie – Le petit coup de boost de Haguenau

Elle n’a que 18 ans, mais Camille Dul a déjà un parcours étonnant : 3e d’un championnat d’Europe U17, opérée de la hanche et condamnée pour le plus haut niveau, elle est déjà présidente du club de Haguenau.

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La Wissembourgeoise Camille Dul sur la plus haute marche du podium

Maxi Flash : Camille, la Société Haltérophile et Culturiste (SHC) de Haguenau vient de ramener deux titres des championnats de France à Istres…
Camille Dul : Oui, c’était sur trois jours, du vendredi au dimanche (22-24 octobre, ndr), Amélie Corbethau s’est imposée en U17 -49kg, en réussissant son record personnel avec 61kg à l’épaulée-jetée. Elle devait battre son record pour gagner, elle l’a fait ! Comme ce sont les championnats de l’an passé qui ont été décalés, on était toujours inscrits dans notre catégorie d’origine, il y avait des stratégies. J’ai pu décider jusqu’au dernier moment, finalement je me suis inscrite en -49kg, mais j’aurais pu gagner aussi en -45 !

18 ans et présidente de la SHC… Comment c’est possible?
En fait, j’ai une maladie dégénérative, qui m’a obligée à me faire opérer de la hanche. J’étais au Pôle France à Toulouse, j’avais fait 3e des championnats d’Europe à Milan. Il y avait la force musculaire, mais les articulations n’ont pas suivi. Alors je passe de l’autre côté ! Jérôme Wittmann, qui a été président pendant 20 ans, a passé la main, et le comité voulait quelqu’un qui booste un peu le club. Je suis moins technique que lui, mais j’ai la gnaque ! (rires) Au final ça colle bien avec mes études. Je suis dans une école de communication et marketing sportif, AMOS, et ce que j’apprends en cours, je le mets en application dans mon club.

Amélie Corbethau, originaire de Haguenau, a battu son record personnel pour décrocher le titre en U17 -49kg / ©DR

Comment tu es arrivée à l’haltérophilie ?
Je faisais du marteau quand j’étais plus jeune, et c’est mon entraîneur qui m’a un peu forcée à essayer. J’ai vite eu des résultats, on va dire que j’ai mordu à l’hameçon.

Il faut aussi tordre le cou aux clichés : l’haltérophilie, c’est aussi pour les filles ?
Bien sûr ! Je me bats contre cette idée. L’haltérophilie, c’est pas des gros mecs baraqués qui ne passent pas les portes ! D’ailleurs, au club, on a une super équipe féminine qui évolue en Régionale 1, et on a plein de jeunes filles qui arrivent derrière. L’haltérophilie, c’est pas juste soulever des poids, c’est aussi beaucoup de technique. Tu pars deux centimètres à gauche, à droite ou en avant, et t’es en déséquilibre, et ça passe pas.

Ce serait quoi les atouts de ce sport ?
C’est beaucoup dans la tête. Il faut de la persévérance. Après, pour les jeunes qui débutent, on essaye de rendre ça ludique, avec des petits parcours pas uniquement basés sur l’haltérophilie. On préserve l’intégrité physique avant tout. Par ailleurs, on voit que le niveau s’élève avec l’arrivée des CrossFiteuses, ça promet de belles bagarres.

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