Haguenau – L’Unité médicale mobile s’attelle aux urgences à domicile

Quand le patient peut difficilement se rendre aux urgences, ce sont les urgences qui doivent venir à lui : le docteur Brisson, ancien praticien hospitalier à l’hôpital de Haguenau, est parti de ce constat pour créer l’Unité médicale mobile avec son collègue infirmier, François Erckert.

2082
Le docteur Thomas Brisson et l’infirmier François Erckert manipulent l’appareil de radiologie mobile. / ©SB

« Après dix ans passés aux urgences de Haguenau, l’idée m’est venue en voyant des patients d’un certain âge tributaires du tri : un infarctus passe avant un bras cassé et c’est normal », commence le docteur Thomas Brisson dans sa base arrière, un cabinet médical à Haguenau. « Mais certains attendent une demi-journée, alors pour soulager les patients ET les urgences débordées, l’innovation est de venir à leur chevet ». Il recrute alors François Erckert, infirmier d’abord à Sainte-Anne puis aux urgences et à domicile, et ensemble ils démarrent leur activité en janvier dernier.

Plâtres, sutures, strappings

Avec leur camionnette floquée UMM pour Unité médicale mobile, les deux professionnels interviennent directement au domicile des patients avec un appareil d’imagerie médicale dernier cri, sur pneus, « pour franchir tous les escaliers », ainsi que le matériel nécessaire aux plâtres, aux sutures et aux strappings. « L’appareil est léger et maniable, il passe facilement sous le lit des patients ou au-dessus d’une table à manger, démontre le médecin. Nous avons eu l’autorisation de l’Agence de sûreté nucléaire pour faire des radios, et je suis seul à rester dans la pièce avec le patient que François aura installé. »

Finies les nombreuses étapes subies en Ehpad par exemple : « Il faut appeler le médecin, puis l’ambulance, se rendre aux urgences et enfin, en radiologie, énumère le Dr Brisson. Les patients sont plus calmes, coopérants, c’est plus agréable, pour la famille
aussi ». Si les personnes grabataires sont la cible de l’UMM, parfois un appel peut être pédiatrique ou de confort. Par exemple, « un soir, un ado était rentré chez lui avec une fracture du coude, ses parents ont fait appel à nous ».

Éviter tout transport ou attente

Rôdé à la lecture des radios -une surlecture à distance par un radiologue est tout de même réalisée- le docteur ordonne ensuite l’éventuelle immobilisation que l’infirmier réalise. Puis viendront les visites de contrôle, de manière à éviter tout transport en ambulance, ou attente évitable à l’hôpital.

Une quarantaine de traumas ont déjà été solutionnés depuis janvier dans un rayon de Strasbourg à Haguenau et de Hochfelden à Gambsheim.

www.umm-intervention.fr

CONTENUS SPONSORISÉS