Ford Focus ST, l’épée de Damocles

L’avenir des berlines sportives s’assombrit aussi vite que le ciel se charge en particules polluantes. Ford, qui n’a pas encore scellé le destin de sa lignée RS, continue de porter la flamme de la passion en sortant, envers et contre tous, une version ST de sa nouvelle Focus. Les amateurs de sensations fortes doivent en profiter.

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L ‘an passé, la Ford Focus fêtait ses 20 ans. La star du constructeur américain, qui révolutionna en son temps la perception de ce que devait être une berline grand public, s’offrait alors une mise à jour d’importance. Les temps ont tellement changé entre les deux époques que les enjeux ne sont plus aujourd’hui ce qu’ils étaient hier. Si la compacte est parvenue à s’écouler à plus de 16 millions d’exemplaires tout au long de sa carrière, c’est grâce au formidable travail sur l’image de marque réalisé par Ford. La firme de Détroit a toujours mis un point d’honneur à lui offrir une version sportive RS faisant écho aux exploits de l’Américain en Rallye. Les impératifs du temps, urgence écologique en tête, devraient avoir raison de cette page de l’histoire de l’automobile. Ford hésite encore à donner une héritière à sa lignée RS et les derniers indices provenant d’outre-Atlantique ont de quoi inquiéter les amateurs de sportives. Pour combler le vide et l’attente, la dernière Focus s’offre tout de même une itération ST des plus musclées.

Le dernier espoir

Apparue en 2002, l’appellation ST n’a eu de cesse, depuis, de jouer l’escalade de la puissance. La première génération affichait 173 ch, la seconde, 225, la troisième, 250. La nouvelle venue porte fièrement ses 280 ch en étendard. La Focus ST reprend bien évidemment les lignes inaugurées lors de l’arrivée du dernier opus l’an passé. Le design ne brille pas par son originalité, mais parvient à offrir un savant mélange de ce qui se fait de mieux en ce moment. Un peu de Volvo V40 pour le capot et les phares, une pincée d’Aston Martin pour la calandre, un bon morceau de Fiat pour les feux arrière. Pour cette version ST, Ford n’a pas fait dans la surenchère sportive. Quelques inserts font leur apparition, l’échappement se fait plus velléitaire et les jantes plus impressionnantes.

À l’intérieur, même constat. La proposition brille par son austérité, même si le niveau de finition est irréprochable. On aurait aimé un petit peu plus d’excentricité et d’ADN sportif. Heureusement, les sièges Recaro font très vite oublier ces considérations formelles. Le maintien est parfait, l’ergonomie impeccable. Les ingénieurs livrent ici une belle copie, tant la position de conduite est une invitation à dévorer l’asphalte. La Focus ST brille également par la générosité de son équipement. Hotspot wifi, sièges chauffants, caméra de recul, accès et démarrage sans clé, la dotation de base est riche. Sans oublier les options comme le toit ouvrant, l’affichage tête haute ou le chargeur par induction. Facturé 1 200 €, le Pack Performance apparaît comme un incontournable, avec la suspension active, les modes de conduite ou encore le talon-pointe automatique…

Affichée à partir de 34 150 €, la Ford Focus ST est ainsi très bien positionnée. Malheureusement, le malus alourdit la facture de 7 073 €, pour un prix réel de 41 223 €. L’option diesel est viable pour échapper à l’écotaxe (25 €), mais difficile d’imaginer une sportive avec une telle motorisation qui anéantit toute espèce de sensation. La carrosserie break SW est aussi au catalogue pour 1 000 € de plus.

Bombe à retardement

Sous le capot, c’est donc le 2,3 l Ecoboost de la Ford Mustang 280 ch qui officie. Autant dire que le pedigree de ce bloc parle pour lui. On est loin des 350 ch de la dernière RS, mais l’effort est louable en ces temps incertains. Le 0 à 100 km/h est avalé en 5,7 s et les reprises sont sûres. Le moteur doit tout de même composer avec le poids élevé de la Focus de base ( 1 508 kg). La direction et le châssis ne sont pas en reste avec une tenue de route rarement mise en défaut. C’est le principal point fort de cette Focus ST, dont l’aisance lui permet de se hisser au niveau de la Seat Leon Cupra, de la Peugeot 308 GTi ou de la Renault Mégane RS. Seule la Honda Civic Type R (320 ch) reste hors d’atteinte. La Ford Focus ST offre ainsi une belle occasion de s’offrir un peu de sportivité dans un monde qui s’assombrit.