Football – Le paradoxe médiatique du Racing

Désormais en lutte claire et nette pour une place européenne, le RC Strasbourg Alsace s’est longtemps caché derrière son 14e budget pour ne pas afficher ses ambitions pour la fin de saison. Tout en regrettant que les médias nationaux ne s’intéressent pas plus à lui.

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Lyon martyrisé à la Meinau, malgré le nul 1-1 : le Racing a franchi un cap. / ©SR

Julien Stéphan ne l’évoque encore qu’à demi-mot. Quand on lui a redemandé, après la barre des 50 points, quel était le nouvel objectif fixé à ses joueurs, l’entraîneur du Racing a estimé « qu’il était urgent de ne rien changer. Je leur ai dit de continuer à prendre du plaisir, de jouer avec beaucoup de sérénité, mais aussi avec beaucoup d’ambition. Je ne crois pas que ce soit productif de fixer maintenant un nombre de points très précis. On sait que c’est un groupe qui a beaucoup d’appétit. » Le président Marc Keller est le premier a avoir reconnu, dans un entretien pour Top Music, que le potentiel de l’équipe était supérieur à celui de la saison passée : « Terminons le mieux possible, et si c’est à une place européenne, ce sera une place européenne… avec grand plaisir ! »

« On ne nous prend pas au sérieux ! »

Jusqu’à mi-mars, le mot n’avait encore jamais été prononcé. Julien Stéphan assurait le service avec une réponse toute trouvée : « Finir européens, ça veut dire laisser derrière nous des clubs comme Lille, Monaco, Lyon, Nantes… Ce n’est pas de la communication. Je ne bride pas les joueurs, mais c’est une réalité. Je vous laisse faire l’analyse par vous-mêmes ».

Là où cela devient un peu schizophrénique, c’est quand la qualité de jeu le dispute à l’enthousiasme que cela peut – ou devrait – susciter chez les observateurs. Localement, pas de problème. Cela fait de longues semaines que les médias locaux s’accordent à dire que le Racing pratique l’un des plus beaux footballs de France, objectivement. Mais au niveau national? Dimitri Liénard, entre autres, s’en est agacé après le match nul contre Lyon (1-1): « J’ouvre l’Équipe ce matin, une grande page sur Lyon, et un petit encadré pour nous. Je regarde la télé, la course à l’Europe, on n’est même pas dans le générique… On ne nous prend pas au sérieux ! » Plus malicieux, le grand attaquant Ludovic Ajorque confiait vouloir « être les poils à gratter de cette fin saison… Et d’aller gratter un maximum de clubs. On va continuer à régaler un public qui nous régale. » Tout simplement. Le reste, c’est de la littérature. 

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