Floriane Christmann « L’écriture, c’est comme un sport »

À 35 ans, Floriane Christmann est graphopédagogue. Elle vient en aide à ses élèves âgés de 4 à 77 ans qui ont des difficultés d’écriture lente, douloureuse ou illisible. Pour elle, il n’y a pas de secret : il faut s’entraîner régulièrement à écrire pour dépasser les difficultés. Rencontre.

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Floriane Christmann a démarré son activité de graphopédagogue en septembre dernier. ©DR

Maxi Flash : D’où viennent les soucis d’écriture ?

Flore Christmann : Très souvent c’est une mauvaise tenue du crayon, du stylo ou de l’outil scripteur en général. Trop souvent, on écrit du poignet ou de l’épaule. Normalement, quand on écrit, ce sont les doigts qui bougent, si on tient bien son crayon. En réalité, écrire, c’est toute une posture. Et bien souvent, elle n’y est pas.

À quoi mesure-t-on les progrès chez un élève ?

Souvent, les enfants n’aiment pas écrire au début. Lorsqu’ils s’y mettent, c’est un premier succès. Ils vont alors prendre un petit cahier et raconter ce qu’ils ont fait dans la journée, ou écrire un petit mot pour demander quelque chose à papa ou maman. C’est un gage de réussite. Bien entendu s’ils viennent pour une écriture illisible le but est qu’on puisse les lire et qu’ils puissent se lire plus facilement.

L’écriture est aussi quelques chose de très personnel. C’est quand même une partie de la personnalité qui s’exprime à travers l’écriture.

C’est un vrai complexe ? 

Oui, car l’écriture est aussi quelque chose de très personnel. C’est quand même une partie de la personnalité qui s’exprime à travers l’écriture. Et quand on se fait sans cesse retoquer parce que ce qu’on écrit est trop petit ou illisible, ça blesse l’amour propre. Certains n’arrivent pas à se relire eux-mêmes. Aujourd’hui tout va vite, on pense vite, le temps de l’écrit n’est pas le temps de l’oral. Il faut le rappeler aux gens : on ne peut pas écrire aussi vite qu’on pense. 

À l’ère du tout-écran, ces soucis sont-ils amenés à se multiplier ?

L’importance d’écrire à la main est primordiale pour l’orthographe, la lecture, les compétences rédactionnelles. Aujourd’hui, lors des séances, j’ai de vraies difficultés à faire en sorte que les doigts soient bien placés, à opposer le pouce au reste des doigts. Pour pouvoir écrire, il faut que ça soit fait de façon souple. Il n’y a pas de secret, c’est comme le sport : il faut s’entraîner !  

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