Enquête : désengagée, la jeunesse alsacienne ?

Argent, covid, politique, bonheur : 8 000 jeunes Français de 18 à 24 ans ont été interrogés par l’Institut Montaigne. Maxi Flash est allé à la rencontre d’étudiants haguenoviens pour vérifier s’ils s’identifiaient à ces portraits-robots.

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Des étudiants heureux, mais indécis politiquement. / ©SB

Plutôt protestataires, désengagés, révoltés ou intégrés, les jeunes d’aujourd’hui ? C’est ce que l’Enquête nationale sur une jeunesse plurielle a tenté de définir, avec des différences flagrantes selon les origines urbaines ou rurales, mais pas si éloignée des idéaux de leurs parents. Des résultats à retrouver sur www.institutmontaigne.org

Comme 82% des jeunes interrogés, les étudiants de l’IUT de Haguenau se disent heureux, « en grande majorité, même s’il y a des jours sans. Les copains, le soleil, la machine à café nous rendent heureux. » Ici, les confinements et les conséquences du covid n’ont trop pas entamé le moral, contrairement à un jeune sur deux au niveau national.

Travailler à l’étranger

En BUT Métiers du Multimédia et de l’Internet (MMI), ils espèrent faire leur métier par passion, et pourquoi pas en passant par l’étranger, comme un étudiant sur cinq l’aimerait : « Pas toute la vie, mais cinq ou dix ans d’expérience aux États-Unis », pense Niels. Ou alors « en Lorraine, si l’on considère que c’est à l’étranger, tente Arthur. Enfin, moi ce qui m’intéresse, c’est l’argent ». S’il monte déjà des vidéos pour arrondir ses fins de mois, il espère pouvoir lancer sa boîte d’ici peu.

L’argent justement est une question difficile pour 59% des jeunes. Ici, on s’esclaffe : « Heureusement qu’il y a les parents qui aident, et la CAF, et la bouffe de la daronne, et Papi, et les bourses pour certains ! » Pourtant, « je trouve qu’elles sont bizarrement réparties. Moi j’habite à 45 minutes, mes parents sont divorcés, je dois avoir un appartement ici et je ne suis pas boursière », estime Maureen. Et de conclure unanimement, « on ne se prive pas, mais on ne peut pas acheter de choses chères ».

Pas de manifs contrairement à 25% des jeunes

Enfin, les questions de société les font réagir, notamment la drogue, le harcèlement, le féminisme. « Je m’exprime sur les réseaux, j’essaie de soutenir les causes », note Lucie. Mais comme ils ne sont pas touchés directement, ils s’engagent peu : pas de manifestations, contrairement à 25% des jeunes interrogés.

Quant à la politique, Twitter les informe en priorité, et ils se moquent des hommes politiques, corrompus, comme 70% du panel. Pour ceux qui ont pensé à s’inscrire sur les listes électorales, « dans moins d’un mois, il faut qu’on vote et je ne sais pas du tout pour
qui », lance Cécile. Maureen tranche : « Parce qu’ils ont chacun des mauvais côtés, je n’ai aucune envie qu’ils soient mon président ».

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