Élodie Contino, Les jolis aléas du Nouveau Monde

La Haguenovienne Elodie Contino, qui a grandi à Reichshoffen, vient de créer son entreprise. Passée par l’incubateur Sémia, l’acteur majeur dans la découverte et l’accompagnement des projets d’entreprises innovantes, la jeune femme de 28 ans, titulaire d’une licence de gestion et d’un Master en marketing et management, possède déjà une solide expérience. Cela se sent dans sa voix quand elle parle de Roses et Aléas, mobilier design et durable, une entreprise qui est en train de voir… le nouveau jour.

0
526

C’était le bon moment pour vous lancer ?

Oui, j’ai notamment travaillé dans l’entreprise familiale de confection de textile et chez Labonal, j’ai été responsable innovation du Pôle textile alsace pendant deux ans. Dans ce domaine, les entreprises ont énormément de déchets à gérer. Je me suis dit qu’il fallait que l’on trouve des solutions pour les utiliser. Je me suis dirigée vers le mobilier, car c’est quelque chose de transmissible, quelque chose qui doit résister au temps et qui me correspond.

Et puis ?

Mon idée était de faire du mobilier neuf, design, mais qui soit également durable donc fabriqué à partir de matériaux recyclés et eux-mêmes recyclables. C’est possible de faire quelque chose de très beau, dans les tendances actuelles. Moi, je m’engage à faire en sorte que mes meubles soient propres. Dans le même temps, j’ai été confrontée à un choix, pour mon intérieur, soit j’achetais du mobilier neuf avec un beau design, mais c’était fabriqué je ne sais pas où et dans des conditions que je ne connais pas, soit j’allais sur Leboncoin et je n’avais pas d’impact environnemental. J’y tiens beaucoup.

Votre génération fait vraiment attention à tout ça.

Ça va plus loin. Je suis persuadée que le changement viendra des entreprises. Aujourd’hui, je connais très peu de personnes qui ne trient pas leurs déchets, mais si l’on veut donner un coup d’accélérateur, l’entreprise a son rôle à jouer. Il faut que l’on remette les choses dans l’ordre. Nous ne sommes pas obligés de fabriquer dans des conditions déplorables des éléments qui font appel à la pétrochimie. On peut faire quelque chose de beaucoup mieux. Je ne peux pas envisager de travailler dans une société sans penser à son impact sur l’environnement. On ne peut plus faire comme si on ne savait pas que l’on est en train de foncer dans le mur.

Vous venez de créer votre boîte, où en est-elle ?

Nous allons voir les entreprises pour savoir comment utiliser ce qui, à la base, était destiné à la poubelle. Nous travaillerons avec un charpentier ou un menuisier pour leurs chutes de bois, ou avec des entreprises de l’industrie textile.

Par exemple ?

Nous sommes en train de monter un partenariat avec Labonal. Quand ils tricotent leurs chaussettes, il y a énormément de petits fils qui tombent, cela fait partie de leurs procédés de fabrication, c’est comme ça. Cela représente une vingtaine de kilos destinés à la benne par mois. Nous allons réutiliser ces éléments pour rembourrer nos cousins, nos canapés ou nos chaises, au lieu d’employer de la mousse polyuréthane.

Vos premiers meubles sont-ils en vente ?

Non, pas encore. Nous sommes en train de finaliser notre première collection, en 3D. Le prototype de table basse (photo) est notre premier bébé et nous lancerons bientôt une campagne ulule.

Quel est l’intérêt d’en parler maintenant ?

Pour dire aux gens : regardez, nous sommes en train de proposer une alternative. Nous les sondons et nous créons une communauté où chacun pourra être impliqué.