Donald Trump et la communication politique sur Twitch

Le président des USA Donald Trump a ouvert jeudi dernier une chaîne sur la plate-forme de vidéos en streaming Twitch. Traditionnellement plébiscitée par les tranches d’âge les plus jeunes et les amateurs de jeux vidéo, elle accueille aujourd’hui de plus en plus de personnalités politiques.

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7 Milliards de dollars de frais de campagne au cumulé pour les élections américaines de 2016 : c’est la période de campagne la plus onéreuse de l’histoire. Le budget de la communication politique explose. Alors que sur internet, son coût est souvent bien moindre. Tellement peu, que ça ne coûte parfois rien, comme sur Twitch. C’est peut-être une des raisons pour lesquelles Donald Trump a décidé de communiquer sur cette plate-forme aux 15 millions d’utilisateurs, sur laquelle il rediffusera désormais ses meetings de campagne dans l’idée d’augmenter sa visibilité pour 2020.

Nouveau plongeon numérique

Donald Trump semble suivre le courant. Créée en 2011, Twitch a bâti sa popularité sur la diffusion de parties de jeux vidéo en direct, très loin du monde politique. Mais aujourd’hui, témoins du phénomène du streaming en live, les personnalités politiques s’y engouffrent. Comme la démocrate Alexandria Ocasio-Cortez, plus jeune élue de l’histoire du Congrès américain, ou également Bernie Sanders, sénateur et candidat à la Maison Blanche. En France, sur d’autres plates-formes, on a déjà vu plusieurs hommes et femmes politiques créer leurs chaînes YouTube, y compris des candidats à la présidentielle de 2017 comme Jean-Luc Mélenchon ou Benoit Hamon.

Un tremplin glissant

Dans cet élan, un problème pourrait tracasser le président américain : c’est Jeff Bezos, l’homme le plus riche du monde qui est aussi le propriétaire de Twitch depuis 2014. Il est devenu l’une des cibles favorites du président américain en tant que propriétaire du Washington Post, le quotidien némésis de Trump qu’il répute « ennemi du peuple » et source de « fake news ». D’autant plus que Donald Trump n’est pas spécialement connu pour aimer les jeux vidéo, à l’inverse de l’extrême majorité des utilisateurs de Twitch. Mieux : il a déclaré les tenir « en partie responsables des tueries qui ont eu lieu dans le Texas et dans l’Ohio » en août 2019. Des accusations qui avaient à l’époque fait chuter les actions des quatre plus gros éditeurs de jeux vidéo du monde. Avec autant d’ennemis sur Twitch, en dépit de l’utilité de la plateforme, pas sûr que Donald Trump arrive à tirer quoi que ce soit de cette communauté.