Didi’Land Une histoire attractive

Sur la plaquette de présentation du parc Didi’Land, il est écrit « laissez-vous emporter par L’apollo side cars, le bounce spin, l’aire de jeux aquatique, le carrousel, la roue panoramique (nouveauté 2019), le grillos, le mini flum et d’autres fantaisies, PARTAGEZ DU BONHEUR ».

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Comme cet endroit est une institution dans la région, nous sommes allés voir Le marchand de bonheur, Arthur Wernert, le créateur de Didiland. L’homme qui fait de son rêve une réalité est né à Soufflenheim il y a 70 ans. Depuis les années 80, Didi Land tourne à Morsbronn-Les-Bains, près de Haguenau, dans la direction de Woerth. 8 hectares de joie en pleine nature et une belle histoire à raconter.

Arthur Wernert est « né » dans le cinéma et les jeux automatiques, dans la brasserie restaurant familiale à Haguenau, il y avait des bruits que l’on n’oublie pas, ceux des billards, des flippers et des baby-foot, à une époque où l’on prenait le temps de s’amuser, avant ou après les repas. Mais l’aventure commence un peu plus tôt.

Ses grands-parents étaient propriétaires d’un bistrot et d’une salle de bal dans laquelle un exploitant venait projeter des films. « Un jour, mon père qui était menuisier a dit qu’il pouvait faire ça lui-même, alors il l’a fait, il a transformé la salle en cinéma. » Puis il rachète un terrain et construit l’Odéon en 1956, au 1 boulevard Hanauer à Haguenau. Il décède un an plus tard. On s’organise comme on peut, sa maman achète la salle concurrence, au 119 grand’rue. Arthur exploita le restaurant La Victoire, juste à côté, et bien sûr le cinéma. L’histoire est en marche, dans l’exploitation ciné et les jeux qu’Arthur met en place partout où c’est jouable.

Il voyageait pour découvrir de nouveaux produits ; il s’arrête dans une exposition qui présente aussi des manèges, c’est le tournant. Wernert est un grand fan de manèges et de Walt Disney, l’entrepreneur, le grand bonhomme créateur de Disneyland.

Il a l’idée d’ouvrir un parc d’attractions: « Je savais qu’il y avait un petit truc avec un manège de canard et un train qui ne fonctionnait déjà plus, des promenades à poney, sans plus », affirme le patron. Nous sommes en 1981, avec Béatrice son épouse, ils reprennent l’activité en désuétude, achètent des manèges, font des travaux, transforment le restaurant et ouvrent l’année suivante.

Ce n’est pas simple, le parc, nommé d’abord Fantasialand, a du mal à démarrer, l’investissement est lourd, la Rivière sauvage par exemple coûtait déjà plus d’un million de francs. Ils pensent à arrêter, souvent. En désespoir de cause, ils louent le parc pendant une année à des forains, là aussi ça ne se passe pas bien, mais ils ne renoncent pas. En fait, ils ne renoncent jamais. Le couple reprend les choses en mains, investit encore dans d’autres manèges, change le nom et Didi’Land trouve son rythme de croisière. Au fil du temps, le parc évolue et s’enrichit de manèges supplémentaires ; il en compte 35 aujourd’hui, presque autant que d’années d’exploitation.

Un parc familial

Connu pour accueillir en priorité les enfants qui peuvent beaucoup s’amuser à partir d’un mètre, Didi’Land est surtout un parc familial, même si les ados, qui recherchent des sensations plus importantes encore, n’y trouvent pas toujours leur compte. On n’est pas à Europa Park, mais il y a ici une tranquillité unique qui plaît beaucoup aux familles, les parents s’y divertissent autant que les enfants d’avril à septembre.

Les visiteurs qui peuvent manger et s’amuser pour des sommes raisonnables viennent surtout d’Allemagne, mais aussi de Moselle, du Bas-Rhin, et un peu du Haut-Rhin. Les formules d’abonnements qui réduisent considérablement les dépenses des foyers permettent de venir passer deux ou trois heures régulièrement dans ce cadre magnifique. Les habitués aiment venir décompresser au milieu d’une nature bien verte en toutes saisons.

Quand le ciel est de la partie

Le couple de dirigeants, Arthur et Béatrice, est associé à ses deux enfants, Philippe et Michèle 50 et 45 ans, qui reprennent peu à peu les rênes, tout en s’occupant du Mégarex, car la famille Wernert est restée dans le cinéma et l’exploitation de salles (dix salles, bowling, salle de jeux à Haguenau). La belle histoire continue, naturellement, Didi’Land emploie 70 personnes en juillet et août au plus fort de l’activité, son chiffre d’affaires est de 2,5 millions d’Euros.

Alors, Wernert pourrait être fier de sa réussite, mais il ne l’est pas, car « on n’attire pas encore assez de monde », dit-il après un mois de mai pourri côté météo. Il y a des années où le ciel plombe le moral et le chiffre d’affaires.  Les 120 000 visiteurs par an ne viennent quasiment que quand il fait beau. Arthur ne sera satisfait que lorsque le chiffre grimpera à 150 000, pas en dessous.

Au-delà des chiffres, le patron parle de son parc comme d’une passion, quelque chose que l’on construit avec le cœur : «J’aurais pu faire autre chose, gagner beaucoup d’argent, ce n’est pas le cas ici, mais c’est mon coup de cœur, c’est mon bébé, je ne peux pas vivre sans lui», conclut-il sans oublier de nous parler de la nouveauté 2019, la dernière fierté du patron, la roue panoramique d’une hauteur de 20 mètres, pour « partager le bonheur » de plus haut.