Des noms de rues en alsacien !

L’inauguration des plaques de rues bilingues samedi 8 décembre a été l’un des temps forts de la semaine alsacienne de Haguenau.

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L’Alsace était à l’honneur la semaine dernière à Haguenau. La Médiathèque
et le Musée Historique ont proposé de nombreuses animations au sujet de la
culture et de la langue alsacienne. Samedi 8 décembre, c’est sur la place du Maire Guntz que les élus ont inauguré les plaques de rues et places bilingues (en français et en alsacien). « C’est une volonté politique que de valoriser
notre dialecte comme un élément du patrimoine vivant d’Alsace : une opération symbolique pour préserver la langue et la culture alsacienne », se réjouit Simone Luxembourg, adjointe en charge du bilinguisme, à qui ce projet tenait à coeur. Ce projet concerne 93 rues et places et a généré la pose de 198 plaques dans un large centre-ville.

DES ANCIENS NOMS ET DES TRADUCTIONS
Pour ce faire, « nous avons fait appel à la mémoire et aux témoignages des habitants, en créant un petit groupe de travail, mais aussi à la Société d’Histoire et d’Archéologie, ainsi qu’aux Archives municipales. Par exemple,
la place Joseph Thierry a été nommée Gaertnermaerick, et la rue du Général Gérard Metzjergass en raison du nombre de bouchers qui y étaient installés. Les rues les plus récentes, qui n’avaient pas d’appellation dialectale, ont été traduites », poursuit Simone Luxembourg. L’initiative a été soutenue financièrement par la Région Grand Est, et a été menée en étroit
partenariat avec l’Office pour la Langue et les Cultures d’Alsace et de Moselle (OLCA).

QUELLE ORTHOGRAPHE ?
C’est notamment l’OLCA qui a proposé d’utiliser la graphie OrthAl (Orthographe alsacienne). « Elle a été développée par des linguistes et permet d’écrire toutes les variantes d’alsaciens, tout en leur restant fidèle », dit Bénédicte Keck, de l’OLCA. « C’est une méthode logique que l’on recommande: elle n’est absolument pas obligatoire, c’est plus un guide, ou une méthode pour les personnes qui souhaitent avoir une ligne de conduite. L’alsacien est une langue orale, il faut donc pouvoir la lire facilement, quelle que soit la commune d’où l’on vient. La méthode OrthAl a l’avantage d’être déchiffrable par les Bas-Rhinois, les Haut-Rhinois et même les Mosellans ». L’idée est simple : un son, une lettre. Cette graphie respecte trois éléments
principaux : la phonétique (la variante de Haguenau), le modèle d’écriture de
l’allemand, et l’étymologie des mots. L’OLCA a donc accompagné la Ville et relu ses nouvelles plaques. « La cour de l’Oie avait d’abord été traduite par Gànzhoft. La prononciation est la bonne, mais en allemand “Ganz“ signifie
“tout“. Pour ne pas confondre, nous avons donc préconisé d’écrire Gànshoft». Depuis cette inauguration, le site de la ville www.haguenau.fr propose de découvrir les informations concernant la démarche, avec
la liste des voies et places, l’explication des appellations, ainsi que des documents sonores qui permettent aux habitants et visiteurs de découvrir la prononciation de ces rues.