David Hoffmann, « Tu es grand seulement parce que les gens t’aiment »

Né à Haguenau en 1973, David Hoffmann porte des New Balance (il est le propriétaire de plus de quarante paires, que des séries limitées) et des casquettes avec lesquelles il a mixé dans les plus grands clubs, de Ibiza à Majorque en passant par la Croatie. David Hoffmann, homme chic et ambassadeur de l’Alsace choc, est un grand amoureux de la vie, de jour comme de nuit.

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Vous avez grandi à Haguenau et dans la musique, pourquoi ?

Je suis un enfant pur et dur de Haguenau. Mon père était guitariste professionnel, ma mère violoniste et mon grand-père luthier. J’ai appris le piano et j’ai surtout passé mon enfance avec mon frère qui faisait de la guitare et de la batterie. Plus tard, j’ai fait le conservatoire de musique à Strasbourg. J’ai commencé mon métier un peu par hasard, ici, à Haguenau, au Café de Paris, grâce à mon frère qui travaillait comme videur. Il leur fallait un DJ, on m’a dit « David, il faut que tu mixes ce soir », alors que je ne savais pas vraiment le faire, j’avais 21 ans. C’est devenu mon métier, j’ai notamment travaillé au Nils à Strasbourg qui a été mon tremplin pour l’Allemagne et les plus grands clubs.

Vous faites beaucoup de choses dans la vie, vous voyagez beaucoup, mais vous êtes surtout DJ ?

Oui, je travaille beaucoup en Allemagne où je vis, je suis le DJ officiel de Mercedes, de Smart, de L’Oréal. J’interviens lors des événements organisés par ses marques et quelques autres et pour la famille Burda.
Je suis aussi DJ résident de Radio FG, je mixe le deuxième mercredi du mois de minuit à deux heures du matin. Je produis de la musique sous le nom the Fakies, nous sommes dans la playlist de grands DJ et il y a 6 ans j’ai ouvert mon label de musique avec Yan Garen, Groove Defined qui produit une cinquantaine d’artistes. Et puis, je travaille au Bernstein, le club du casino de Baden-Baden, le «petit Monaco» où les plus grandes stars allemandes reviennent habiter ces dernières années. Au total, je mixe une centaine de fois par an.

Vous vivez et vous travaillez en Allemagne depuis plus de dix ans, mais vous êtes toujours Français ?

Quand je me présente en Allemagne, je ne dis jamais que je suis Français, je dis que je suis Alsacien. Et je défends la région le plus souvent possible, j’incite les Allemands à venir visiter notre région, notamment pendant la période des fêtes. Je suis très attaché à l’Alsace et très « famille », donc je reviens toujours à la source, je ne perds pas mes repères. C’est la base.

Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans votre vie ?

Le contact avec les gens ! Cela me plaît énormément. J’aime qu’ils ressentent ma musique. Pour moi, une soirée réussie est une soirée où les gens ont crié. Quand je mixe, j’ai besoin de voir, de sentir ce qu’ils ressentent. Pour ne pas perdre le public, j’ai mes petits trucs, car si tu le perds, c’est bon tu peux rentrer chez toi.

Et ça marche à chaque fois ?

Ce n’est jamais du 100 %. Par exemple, je peux savoir si c’est un soir de pleine lune ou pas, simplement en fonction de l’attitude des gens. Si c’est le cas, ta soirée est saccagée. Je fête quand même mes 25 années de DJ professionnel, je suis un vieux de la vieille, à mon âge je devrais être en retrait. Les jeunes DJ sont très étonnés que je sois encore d’actualité.

Quel est votre secret ?

Je ne sais pas. Sans doute l’envie. Pour moi, la passion c’est toujours la musique et j’aime toujours autant le contact avec les gens. En fin de compte, tu es grand seulement parce que les gens t’aiment. C’est grâce au public si je suis encore là. J’ai beaucoup de chance. Je ne sais pas si je serais encore DJ dans 10 ans… Je n’aimerais pas… Mais j’aimerais
quand même. 

www.djdavidhoffmann.com