Confinement : perdus entre covid-19 et 5G

Certaines antennes-relais du premier déploiement 5G ont été incinérées au Royaume-Uni et aux Pays-Bas pendant le confinement, car des théories conspirationnistes fleurissaient sur les réseaux sociaux. Elles tentaient d’établir un lien de cause à effet entre le déploiement de la 5G et les morts de la pandémie de coronavirus.

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« En plus d’une épidémie, nous faisons face à ce que nous appelons une « infodémie » : une grande circulation de rumeurs et de fausses informations » remarquait début février Sylvie Briand, directrice de l’OMS pour la préparation aux risques infectieux mondiaux. Fin janvier, le journal belge Het Laatste Nieuws relayait les inquiétudes d’un médecin généraliste concernant les dangers sanitaires inconnus de la 5G. Plusieurs groupes anti-5G néerlandophones se sont alors emparés de cet article sur Facebook, faisant le lien entre l’apparition du virus en Chine et le calendrier de déploiement du dispositif en Europe.

Mensonge à haute fréquence

Selon ces sceptiques, la 5G favoriserait la propagation du coronavirus en affaiblissant le système immunitaire, pouvant même parfois provoquer des symptômes semblables à ceux du covid-19. Les plus pernicieux avançaient aussi -comme souvent en cas d’épidémie- que le virus aurait été créé par l’homme, en laboratoire, ou, encore plus loin, que le confinement serait en fait une couverture pour installer des antennes. Les théories vont bon train, et dans une vidéo partagée le 2 avril par une journaliste anglaise de la BBC, vue 2,5 millions de fois, une femme prend à partie des ouvriers qu’elle accuse d’installer
« criminellement » une antenne 5G, entraînant le sabotage en chaîne d’une vingtaine d’entre elles partout dans le pays, et une large couverture médiatique de cette tranche d’indignés.

Faute d’essais et de tests concluants, l’OMS n’écarte pas l’idée que l’exposition à la 5G puisse avoir des effets délétères sur la santé, sans pour autant qu’il y ait un lien avec le covid-19 : on connaît son origine et son génome –sa carte d’identité génétique-. Dès janvier, des chercheurs chinois en ont décodé sa séquence complète à partir d’échantillons prélevés sur des malades à Wuhan, partageant avec le monde entier toutes les informations connues concernant le virus. Cette année, entre cinq et dix villes françaises devaient être équipées de la 5G pour la première étape de son déploiement, mais la crise que traversent les entreprises comme Bouygues retarde ces échéances. Les premières antennes françaises devraient arriver en 2021.