Comment ça va mal ?

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L’autre jour, après la présentation de la prochaine édition du Festival du Houblon, le maire de Haguenau m’a demandé des nouvelles de ma voisine. Je n’ai pas répondu qu’elle allait bien, en pleine forme, comme on le dit toujours dans ces cas-là, par politesse. Je ne mets pas en doute la sincérité de Claude Sturni qui est un homme bienveillant, la bonne humeur toujours accrochée au coin de lèvres, sa question était sincère, elle signifiait certainement aussi, au-delà de ma voisine, vous allez bien ? Mais on prend des risques lorsque l’on pose cette question, vous ne trouvez pas ? On s’expose. J’aurais pu répondre : ma voisine ? Elle est morte. La bêtise l’a tuée. Quant à moi, j’aurais pu dire qu’en fait, je ne vais pas bien du tout et que justement je voulais lui en parler. J’aurais pu faire comme Mbappé avec Macron et Sarko, lui demander son avis sur mon avenir, mais la ville de Haguenau et la France n’en ont strictement rien à faire de mes décisions, du nombre de zéro sur ma fiche de paye et des buts que je marque dans mes rêves les plus fous. J’ai pensé à cette phrase de Romain Gary : « Un homme qui est bien dans sa peau est ou bien un inconscient, ou bien un salaud ». Du coup, je n’ai pas retourné la question au maire et, avant de finir ma bière, j’ai dit que ma voisine était à Cannes avec Tom Cruise, ce salaud-là.

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