Comment Battiste a été arnaqué de 1000€ avec une offre d’emploi

TRIBUNE : Les journalistes n’échappent pas aux duperies. Et ni la police ni mon assurance n’ont réussi à me sortir de l’impasse : le mois dernier, j’ai été victime d’une arnaque massive au chèque volé, délestant mon compte bancaire de plus du double de son contenu (oui c’est possible).

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Je ne suis pas le couteau le plus aiguisé du tiroir, c’est vrai. Cependant, je sais à quel point il faut rester vigilant en postulant aux offres d’emploi relayées sur Indeed, Linkedin ou encore Jobble. Ce qui m’a eu, c’est une combinaison de facteurs : une annonce bien rédigée, avec de jolis termes techniques et une rémunération correcte. Le tout posté par une agence d’intérim reconnue, sur la plateforme leader en Europe. Tout était faux. Les arnaqueurs ont simplement copié-collé une centaine d’offres proposées par la véritable agence et falsifié leur nom et leur logo, au nez et à la barbe des modérateurs du site.

Pour la période d’essai, l’entreprise a promis de me verser 350€… en avance.

…sauf que le père Noël n’existe pas

Au lieu de 350, c’est 1350€ qui apparaissent sur mon application bancaire. A ce moment-là je pense innocemment que l’argent est bien arrivé « physiquement » sur mon compte. Pourtant, il ne s’agit pas d’un virement, mais d’un chèque, que ma banque n’a pas encore vérifié. Mais ça, je ne le sais pas encore, et rien ne me met la puce l’oreille sur mon application.

La (fausse) agence d’intérim me dit qu’il s’agit d’une erreur du responsable financier : ils me demandent aussitôt de reverser les 1000€ en trop, alors je saute dans le piège et m’exécute.

La veille de mon premier jour de travail, nouvelle surprise : la date de début de mission est reportée. Je crise, harcèle le comptable de messages furieux. Je reverse le reste en attendant. Deux jours plus tard, ma banquière m’appelle et je comprends : « Pas de remboursement ».

Une histoire sans morale

La police recense un nombre croissant d’arnaques à l’embauche liées aux chèques. Une problématique qui, de mon expérience, les importe peu. Sans équivoque, le brigadier m’a fait comprendre que personne ne pourrait m’aider : « Pas le temps, on a déjà trop d’enquêtes de cambriolages et de violences conjugales qui sont là depuis des mois et ne sont même pas ouvertes ». Je fulmine.

La boîte d’Interim parisienne (la vraie) avait déjà porté plainte deux semaines plus tôt pour usurpation d’identité. Pourtant, Indeed n’a toujours pas retiré les fausses annonces. À qui la faute ? À l’assurance ? À la police ? Ou au site de recrutement, qui laisse courir les arnaques ? En d’autres circonstances, j’aurais pu condamner tout le système, mais c’est surtout la mienne… J’ai été jusqu’à écrire un article pour tenter de me le pardonner.

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