Citroën ë-C4, haute tension

Citroën, qui n’en est pas à son premier essai, se relance dans l’aventure survoltée de la voiture électrique. Après la petite Ami sans permis, c’est au tour d’une version 100 % branchée de la compacte C4 de prendre la route. Coup de foudre ?

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Citroën ne fait pas partie des constructeurs à avoir rallié la bannière de la fée électricité sur le tard, par opportunisme diront certains, lorsque les politiques publiques ont haussé le ton de leurs injonctions. Cela fait plus de dix ans que les Chevrons ont ouvert la voie avec la C-Zero. À l’époque, peu nombreux étaient ceux à croire en la technologie. Il faut dire que l’électricité multiplie les contraintes. Son stockage entraîne un surpoids notable et l’autonomie des batteries fait hésiter de nombreux acheteurs. 

À l’époque de la C-Zero, la formule n’était pas prête. Il en est autrement aujourd’hui et la petite fée est prête à faire son envol. La concurrence est désormais dense.Fort de son expérience, le constructeur français est prêt à se relancer dans la bataille. Le front a été ouvert avec l’Ami, une petite voiture sans permis originale. Un nouveau fer de lance prend la route, la berline C4 qui a mis les doigts dans la prise.

La bonne prise

Pour l’occasion, la compacte se voit affubler d’un petit « ë » afin de marquer sa différence. Une note discrète qui témoigne de la volonté de Citroën de conserver une certaine homogénéité dans son offre : hors de question de faire de la ë-C4 un modèle à part. Il s’agit, avant tout, d’une motorisation supplémentaire qui vient s’ajouter à un riche catalogue.

Les différences formelles avec la version de base sont ainsi minimes. Hormis la prise et quelques touches disséminées çà et là, rien ne distingue ce modèle électrifié de ces congénères thermiques qui sortent au même moment. La proposition audacieuse qui associe des traits distinctifs des SUV à un ADN de compacte fait toujours aussi mouche. Cette C4 est une réussite à la fois originale et élégante, dans la lignée des dernières productions très remarquées de PSA. On est quelque part entre l’extravagance cartoonesque de la C4 Cactus et la distinction des grands SUV DS.

À l’intérieur, la C4 se fait plus sobre, avec une présentation à l’allemande, assez austère, mais moderne. L’instrumentation numérique aurait mérité un peu plus d’espace et fait triste mine à côté de l’immense écran tactile sans bordure du tableau de bord. C’est pour pinailler : la présentation est luxueuse et moderne. Pour cette version électrique, le chauffage est alimenté en partie par une pompe à chaleur livrée de série.

Courant continu

La Citroën ë-C4 reprend la plateforme de la e-2008 et loge ainsi ses batteries sous le plancher. Aucune perte de place n’est à déplorer et le centre de gravité bas bonifie un agrément de conduite déjà élevé. Un moteur électrique prend place sur le train avant. Il s’ébroue en trois modes différents. Le Sport dispose de ses 136 ch, autorisant une vitesse de pointe de 150 km/h et un 0 à 100 km/h en 9,7, le Normal abaisse les watts à 109 ch, tandis que le mode Éco bride le tout à 82 ch. Parfaitement orchestrée, la ë-C4 se montre vive et dynamique. Les batteries de 50 kWh lui permettent de parcourir 350 km, ce qui commence à être généreux même si l’on est loin des 550 km de la VW id.3. Vendue à partir de 35 600 € (hors bonus), cette ë-C4 fait un sans-faute.  

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