Christel Hamm, les petits Bonheurs de l’écriture

Née en 1974, Christel Hamm à Wasselonne, mais elle a grandi dans la banlieue de Strasbourg. Après des études littéraires jusqu’en licence, elle est devenue professeure des écoles et enseigne à Marmoutier. Les petits bonheurs sont éternels est son second roman, l’histoire de Daniel qui est encore un enfant quand il rencontre son premier petit bonheur, comme un instant de plénitude. Une rencontre est organisée le 15 décembre à la Maison de la presse de Haguenau entre 15 et 18 heures avec l’autrice.

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Écrire était un rêve ?

Oui, depuis que je suis toute petite je bouquine énormément. Mon enfance et mon adolescence ont été bercées par énormément de littérature et j’ai fait des études de lettres modernes. Et puis, j’ai toujours aimé écrire. À l’école, c’était moi qui écrivais les textes pour mes copines, les lettres d’amour notamment. Après j’ai écrit des tonnes de poèmes. Quand j’étais plus jeune, j’ai essayé d’écrire, juste pour moi, mais tout a fini à la poubelle. Écrire est un vieux rêve, mais quand je suis devenue maman je l’ai oublié. Un jour au moment de Noël dans ma famille, nous avons parlé de nos rêves. J’ai confié que j’ai toujours eu envie d’écrire un livre. Ils m’ont conseillé de le faire, de dépasser mes doutes, car je ne pensais pas en être capable alors que j’adore écrire. Quand j’ai quelque chose sur le cœur, je passe souvent par l’écrit, car à l’oral je m’emballe, mes mots dépassent ma pensée.

Donc, vous avez commencé à écrire ?

Oui, mais ce qui est assez dingue, c’est que deux jours après Noël, une histoire m’est passée par la tête en trente secondes. Je n’ai jamais compris pourquoi ni comment, mais il faut dire qu’il y a un gros point de départ à tout cela : il y a quelques années, j’ai perdu mon meilleur ami dans un accident de voiture, la veille de Noël. C’était assez compliqué. C’est quelque chose qui est toujours resté au fond de moi, et l’histoire de ce premier roman commence par la mort d’un homme dans un accident de voiture. Je me suis toujours demandé ce qu’il a ressenti avant de mourir, car on sait qu’il n’est pas mort sur le coup. Pendant trois ans, j’ai écrit sans jamais imaginer être publié. Je l’ai imprimé et je l’ai fait lire à ma famille et des amis, une trentaine de personnes savait que j’avais écrit ce livre, pas plus. J’avais commencé l’écriture du deuxième quand j’ai été contacté par une éditrice qui venait de monter sa maison d’édition.

Et comment est né ce deuxième livre ?

J’ai gagné un concours d’écriture organisé par l’Alliance française de Wasselonne. Ce que je ne savais pas en écrivant cette nouvelle, c’est que j’avais écrit le premier chapitre de Les petits bonheurs sont éternels et que j’allais prendre un bonheur assez fou à l’écrire pendant cinq ans.

C’est quoi un petit bonheur ?

Un jour, en vacances, avec des amis, j’étais sur un bateau, je lisais un livre à l’arrière et je voyais mes enfants s’éclater à l’avant. Tout le monde était heureux, il n’y avait que les bruits du vent et de la mer, tout était féerique. Je me suis dit que si c’était ça le bonheur je voulais bien figer cet instant dans ma mémoire, c’était indescriptible. Un petit bonheur c’est ça. Dans le livre, un petit garçon de six ans va vivre son premier petit bonheur avec une telle intensité qu’il va rechercher cette sensation à chaque fois, de toutes les manières
possibles.