Ce rêve bleu

Ce n’est pas la « vraie » équipe de France, mais c’est « une » équipe de France quand même. Perrine Frison et Antoine Schlotter défendront les chances tricolores lors d’un tournoi international de la FCSF ce samedi 7 décembre en Suisse.

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Petit élément de contexte tout d’abord. La Fédération des centres sociaux et socio-culturels de France (FCSF) trouve son origine dans les patronages d’obédience catholique, à l’époque où Monsieur le Curé faisait aussi un peu office de prof de sport. Cet héritage s’est un peu édulcoré avec le temps, mais les structures multi-sports et bénévoles ont perduré, à l’image de l’Association sportive et culturelle St-Arbogast, à Herrlisheim, fondée en 1912 et qui nous intéresse aujourd’hui.

Une première pour le club

En 107 ans d’existence, jamais un membre de l’association n’avait eu les honneurs d’une sélection en équipe nationale. Perrine Frison et Antoine Schlotter, par ailleurs gymnastes à Brumath et Haguenau, en Fédération française de Gym, ont pris leurs petites habitudes au Gymnase de Herrlisheim. « C’est plus cool », note Antoine, 18 ans. Ce gymnaste de grand-père en père en petit-fils estime que « ce n’est pas la même pression. Je ne viens pas forcément pour m’entraîner à proprement parler, mais plus pour répéter les gestes, les enchaînements, dans une ambiance plus détendue. » Pour Perrine, 14 ans, l’ASCH, au début, c’était surtout « pour rajouter des heures. Et puis ça fait six ans que je suis là ! J’adore l’ambiance. »

« Le niveau d’un championnat de France »

C’est Pascal Laueffer, 41 ans et depuis toujours à l’ASC, qui les accompagne plus qu’il ne les entraîne. « Je peux parfois donner un petit conseil ici ou là, mais Antoine, il est déjà si haut… Ce qui est génial, c’est que les gamins qui le voient ici ouvrent de grands yeux, et ça les motive à essayer de faire pareil ! Perrine, elle, c’est une volonté impressionnante. Elle est vraiment à fond dedans. » Le papa, Olivier, qui prend quelques photos avec son smartphone, sourit en coin. Sa fille, c’est du béton. « Je suis têtue », reconnaît la principale concernée.

Revenons à cette sélection en équipe de France. Pascal estime que le niveau du tournoi qui va se disputer à Wünnewil en Suisse, ce samedi 7 décembre, « ça vaut un championnat de France en FFG. Peut-être pas les Internationaux de France, mais ce ne sera pas simple. »

Pour Antoine, qui s’interroge un peu sur son avenir sportif, lui qui souhaite intégrer une école de kiné en Allemagne début 2020, c’est une sacrée surprise : « Pfff… (il cherche ses mots) j’étais content, bien sûr ! C’est un peu un autre univers là. C’est génial de pouvoir matcher des gens qui viennent d’un autre pays. » Perrine est encore plus expressive. Explosive même. « J’étais trop contente ! Le moral était un peu bas, je m’étais blessée, et là on m’annonce ça ! Je me suis dit que le travail payait enfin. » Sûr qu’avec 19 heures d’entraînement par semaine, on peut savourer cette sélection.

Le plaisir avant tout

Ce qui est plaisant, c’est qu’à plusieurs reprises, les deux jeunes athlètes, qui baignent dans la gym depuis qu’ils savent marcher – en gros – n’ont pratiquement qu’un mot à la bouche, le plaisir. « Je n’ai plus trop d’objectifs de carrière », souligne Antoine. « Mais je me dis qu’un petit podium, ou gagner une compétition… » Pour Perrine, même son de cloche : « J’aimerais réussir à gagner. Surtout, je veux continuer à me faire plaisir dans la gym et puis on verra… » On l’a bien compris, dans le viseur de Perrine et Antoine, il y a Wünnewil. Le reste, c’est de la littérature.