Cathy Bernecker – L’air léger du théâtre d’été

Le spectacle, le théâtre, c’est sa vie, sur scène comme en dehors, et parfois même dans le rôle de metteur en scène. C’est le cas régulièrement avec le Théâtre de Lichtenberg qui jouera Chevalier Unkenstein et les Raubritter à partir du 10 juillet dans un lieu magique. L’occasion de rencontrer la Wissembourgeoise Cathy Bernecker qui retrouve ici l’ambiance du début de sa carrière avec le Barabli de Germain Muller et la Revue Scoute. Maxi Flash en a profité pour prendre des nouvelles de Mademoiselle Màmsell et se demander si la grande Alsacienne du Nord serait au générique de la saison 2 de Face à Face, la série de France télévision tournée à Strasbourg.

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©EG

Ce n’est pas la première fois que vous « jouez » au metteur en scène, mais ce n’est pas si fréquent dans votre grande carrière !

La première fois c’était à la Choucrouterie de Strasbourg, un spectacle sur Brecht avec une comédienne et une pianiste. Deux personnages, ça allait, mais là, avec le Théâtre de Lichtenberg, il y en a 13, c’est une autre histoire. Nous travaillons ensemble depuis 2006, c’est notre 4e spectacle avec cette troupe de comédiens amateurs de très bon niveau. Elle a travaillé avec beaucoup de monde, comme Pierre Diependaële. Pour les costumes, la lumière et la mise en scène, ils font appel à des professionnels.

Le côté troupe vous rappelle vos débuts ?

Bien sûr. Tout à fait. C’est la famille, la tribu, et c’est toujours très sympa, avec les tiraillements, mais aussi dans une grande affection.

Le « rôle » du metteur en scène vous convient bien ?

C’est assez étrange. La première fois, lorsque l’on m’a demandé, je me suis dit « Oh là là je ne saurais jamais faire ça… », je ne me sentais pas légitime, et puis j’ai essayé. Maintenant, c’est vrai que j’ai une certaine expérience que je peux transmettre. Quand j’ai débuté, pour moi le metteur en scène c’était Dieu, c’est lui qui décidait de tout. Là, je suis beaucoup plus sur une collaboration, je trouve cela plus juste. C’est une fonction assez récente dans le théâtre finalement, les Grecs n’avaient pas de metteur en scène. En fait, tu travailles avec ce que l’on te propose, avec ce que les comédiens te proposent, et ensuite, l’image d’ensemble est de ta responsabilité, c’est certain.

Cette année avec la troupe, vous avez travaillé sur les mots de Karl Valentin, le père du théâtre absurde !

Oui, celui que l’on appelait le Charlie Chaplin allemand. Tôt ou tard, le Théâtre de Lichtenberg, qui a aussi travaillé sur des textes d’Huguette Dreikaus, devait rencontrer Karl Valentin. C’est évident. C’était un type assez incroyable. Les gens du théâtre se sont intéressés à lui parce que Brecht était un fan, il en disait énormément de bien. C’est un cabarettiste comme on en a connu en Alsace, je pense à Germain Muller.

Ces textes que vous avez mis en scène pour Chevalier Unkenstein et les Raubritter, deux courtes pièces traduites dans un alsacien savoureux, avec des chansons revisitées et un grain de folie, trouvent un écho dans notre époque ?

Oui, on peut en trouver un. Un chevalier dont le château est menacé par ses chevaliers brigands ne trouve rien de mieux à faire que de punir sa fille qui a fauté avec son ennemi. En fait, la maison brûle et il regarde ailleurs… Et quand on sait que l’une des deux pièces est Les chevaliers brigands devant Munich et qu’elle a été écrite en 1938… Alors oui.

Le spectacle sera joué au château, c’est un lieu extraordinaire !

Oui, il faut le dire, c’est un incroyable panorama… Et il y a un lien très fort entre ce château et les comédiens qui la plupart habitent le village. C’est un spectacle de plein air, le décor est ce panorama. Dans ce contexte, les comédiens doivent projeter le texte différemment, mais ils sont rompus à cet exercice.

À part cela, que faites-vous ? Que devient Mademoiselle Màmsell ?

Elle est un peu au repos, mais elle travaille toujours pour la télévision régionale. Je dois dire qu’avec le confinement, j’ai pris un coup sur la tête. Une salle masquée,
c’était compliqué.

Quels sont vos projets ?

Patricia Weller et Denis Germain m’ont demandé de travailler avec eux, d’être le regard de leur prochain duo qui sera joué à partir d’octobre. Ça me plaît beaucoup. Ce sont de tellement grands professionnels…

Et vous avez tourné dans la série Face à Face !

Oui, et il y aura une saison 2, je serai de l’aventure. Pour la saison 1, on a tourné pendant le confinement à Strasbourg. En Alsace, il y a rarement un rôle récurent. Même Alex Lutz m’a appelée pour me dire qu’il était en train de me regarder à la télé.


 

Chevalier Unkenstein et les Raubritter

Au château, le chevalier Unkenstein veut terrasser son ennemi mortel qui se trouve être aussi l’amant de sa fille. Ou pas. Devant la ville, une sentinelle endormie doit avertir d’un grave danger : les terribles chevaliers brigands arrivent. Ou pas ? Dans un Moyen-âge d’opérette, ou plutôt de cabaret, s’enchaînent des situations absurdes. Les personnages vont, viennent, courent, volent, et se transforment. Courageux loin du danger, tous ont comme une fêlure dans l’armure. « Avec ce projet la troupe explore un nouveau registre théâtral, le théâtre de l’absurde. Un petit groupe de comédiens a adapté et traduit en alsacien ce texte de Karl Valentin, qui est perçu comme un des précurseurs du théâtre de l’absurde. La mise en scène a été confiée à Cathy Bernecker qui signe ainsi sa quatrième collaboration avec le Théâtre de Lichtenberg » explique René Muhlheim président du Théâtre de Lichtenberg.

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