Catherine Muhl, « Les femmes ne sont pas seules face à la montagne »

Les enfants, la cuisine, le travail de chef d’entreprise et le reste, quand les hommes ne prennent pas leur part du quotidien, les femmes inventent, planifient, progressent. La Hoerdtoise Catherine Muhl a travaillé dix ans pour le groupe Mulliez (Auchan, Décathlon...) avant de créer le Pavillon, la première plate-forme de Coworking à Haguenau, mais aussi ICF, un organisme spécialisé dans les formations en management et qualité de vie au travail. Depuis décembre, elle anime Potenti’elle, le moteur de l’entrepreneuriat féminin en Alsace du Nord. Rencontre avec une femme active sur tous les fronts.

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En quoi consistent les activités de votre société de management et qualité de vie au travail ?

Je suis responsable du département
« Mieux faire », c’est-à-dire que je transforme les organisations et leur fonctionnement. Souvent, quand on parle de qualité de vie au travail c’est très péjoratif, on propose des cours de yoga, on installe un baby-foot et on pense que les collaborateurs iront mieux. Mais les problèmes viennent du management et de la gestion de la structure.

La création de Potenti’elle est une suite logique à cette activité finalement ?

Oui. L’année dernière j’ai répondu à un appel d’offres pour un dispositif financé par la Région Grand Est. Il fallait proposer des actions pour empêcher l’isolement des femmes entrepreneurs et créatrices d’entreprises. J’ai imaginé Potenti’elle. J’ai choisi le secteur de Haguenau et d’Alsace du Nord parce qu’il n’y avait rien et nous les menons plus loin qu’elles l’espéraient.

Ce que vous proposez n’est pas un réseau, mais une sorte de boîte à
outils ?

C’est exactement ça. On a commencé avec un groupe d’une quinzaine de personnes pas plus, toutes sortes de profils : des indépendantes en ressources humaines ou des directrices commerciales, des décoratrices d’intérieur et des artistes. Nous avons créé des « bulles d’échanges ». Trois thématiques illustrent notre démarche, la qualité de vie globale pour être en forme physiquement et moralement où seront abordés l’organisation du temps, du stress, l’équilibre entre vies professionnelles et vies privées, mais aussi le sommeil et l’énergie. La thématique business, c’est l’offre, le réseau, la prospection et le groupe de réussite. Reste la finance avec des sujets tels que la banque, l’aspect comptable, les aides et des questions sur la gestion et le développement de l’entreprise. On échange deux fois par mois sur nos problématiques, sur nos succès.

Votre démarche est militante ?

Non. Elle existe simplement pour que les femmes de la région trouvent leur équilibre et soient performantes. Nous sommes encore dans une société où elles s’occupent des enfants, de la cuisine, de la maison, en plus de leur travail. Elles doivent s’organiser. Les femmes ont le droit de réussir ? Pour cela, il est essentiel qu’elles ne se laissent pas « manger » par le quotidien.

Ce n’est pas votre cas ?

L’homme qui partage ma vie comprend mon job, il sait que je ne rentre pas tous les soirs à 18h, mais plutôt vers 20h, il me soutient. Ce partage et cette égalité, je les vis chaque jour.

Quel sera l’avenir de Potenti’elle ?

J’aimerais continuer l’aventure avec les femmes du premier groupe et proposer avec elles les mêmes « bulles ». À chaque rencontre, nous mesurons les avancées. Le regard extérieur et bienveillant du groupe et l’évaluation aident ces femmes à atteindre leurs objectifs, elles ne se sentent pas seules face à la montagne.