Carte blanche à Michel Naudo – Une campagne présidentielle atypique

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©DR

La candidature d’Éric Zemmour aurait dû favoriser l’accession au 2e tour de Valérie Pécresse en divisant les voix de l’extrême droite. Il n’en a rien été, car sa campagne et sa posture sont calamiteuses. Dans l’obligation de devoir ménager la chèvre et le chou dans son parti, elle n’est plus elle-même et son image en pâtit. Ce qui est plutôt inattendu, c’est que Zemmour par ses outrances, a rendu Marine Le Pen « fréquentable » aux yeux de certains. Lors du débat d’entre deux tours, elle devra cependant continuer sur cette lancée et ne pas sombrer dans l’agressivité et l’approximation comme en 2017 pour espérer faire bonne figure.

Si j’étais Macron, dès son élection, je prononcerais la dissolution immédiate du Parlement (Art. 12 de la Constitution) et ceci pour deux raisons : D’abord, ne pas laisser le temps aux états-majors politiques de s’organiser suite à une campagne qui aura achevé de rebattre les cartes dans tous les partis et surtout au PS et chez LR, empêtrés dans leurs contradictions et oppositions internes.  Ensuite et surtout, on ne peut pas se payer le luxe de deux mois supplémentaires de campagne électorale dans un tel contexte international et économique.

LaREM, de façon sibylline, a démenti un tel scénario sauf « en cas de circonstances exceptionnelles ». Il ne fait guère de doute que l’on pourra invoquer de telles circonstances… Cette élection va terminer la décomposition commencée en 2017 avec l’élection de l’OVNI Macron qui a bousculé le paradigme politique installé depuis 1958. La gauche est détruite et la reconstruction sera laborieuse si toutefois elle a lieu. Chez LR les forces centrifuges vers Zemmour, Macron et Édouard Philippe vont écarteler un parti sans boussole dont on attend toujours le soutien de sa figure tutélaire à sa candidate. Le rêve d’unification des droites risque lui de se heurter aux ambitions de Zemmour, de Bardella, et de Marion Maréchal.

La disruption politique en cours est encore loin d’être achevée…


Michel Naudo, diplômé de l’IEP de Strasbourg et entrepreneur alsacien, présidait la commission Quelle gouvernance en Alsace ? du Conseil économique et social d’Alsace (CESA) dont les travaux ont abouti à l’avis du 4 juin 2007 qui prônait la création d’un Conseil d’Alsace. Son livre, L’Alsace malgré elle, a été publié en 2021. Michel Naudo est né en 1954 à Strasbourg.

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