Carine ZOLLER, « Cet après, je le vois depuis toujours »

C’est elle qui est venue jusqu’à nous, qui nous a demandé si nous étions d’accord pour parler d’elle, de ses dons et de ses livres qu’elle publie depuis quelques années chez ID Éditions. Alors, nous avons branché notre magnéto et nous avons écouté ce que Carine avait à dire. Elle vit à Nehwiller près de Reichshoffen, avec son mari et ses enfants, dans une maison du 18e. Un coup de foudre. Il y a un an, elle a pu « faire connaissance avec la personne « qui y habite aussi ». Étrange ? Au point d’en écrire un livre qui rappellerait un thème cher à Marc Levy ? Sinon, vous la croiserez au salon du bien-être de Truchtersheim le week-end du 23 février.

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À quel moment avez-vous su que vous étiez différente ? 

Mes premiers souvenirs remontent à l’âge de quatre ans, j’étais déjà très marquée par les injustices. Je défendais mes camarades, ceux que je sentais faibles, je cherchais à mettre de l’harmonie là où il n’y en avait pas. J’étais aidée. J’étais très consciente. Je peux dire que le surnaturel était déjà mon naturel. Je voyais des choses. Ce n’était pas facile à gérer, j’étais dans une grande solitude, mais je faisais en sorte d’être toujours gaie et spontanée. D’abord, je l’ai caché, car il ne fait pas bon raconter que l’on voit les anges. 

Il y avait autre chose ?

Je savais qui mentait, je voyais dans les âmes, quand une grand-mère se tenait proche des gens alors que j’étais la seule à la voir. Je sentais la vérité, avec un grand V, je la voyais, mais je n’avais pas d’explication, pas le vocabulaire. À l’adolescence encore moins. Ce côté surnaturel, j’ai essayé de l’étouffer, mais sans jamais y arriver. On est qui on est, dès le début, et ce n’est pas un hasard.

Qui êtes-vous ?

Je ne mets toujours pas de mot sur ce que je suis, je suis Carine, je suis au service de ce que j’appelle Dieu, comme d’autres. Je ne l’ai jamais vu, mais ses intermédiaires oui. Ce qui m’arrive dans la vie n’est pas banal. J’ai toujours une longueur d’avance et ce n’est pas facile de savoir un peu avant les autres, on peut passer pour quelqu’un de prétentieux ou de méchant, alors que l’on dit simplement la vérité. Je vois des gens, des têtes un peu partout qui ne sont visibles que par des gens comme moi. On ne peut pas être dans l’empathie si l’on n’a pas soi-même vécu des choses de l’ordre de la souffrance et de la solitude. 

C’était le cas ?

Oui, bien sûr, mais je ne suis pas une enfant martyre. J’adorais l’école, j’étais très curieuse de tout, mais pour moi, il était très naturel qu’il existe quelque chose de l’impalpable qui est aussi réel que la réalité matérielle. 

Et avec tout cela, vous écrivez des livres depuis une dizaine d’années, le 8e sortira bientôt.

Oui. J’ai été journaliste pour la presse régionale. J’écrivais des articles pour des conférences, mais j’ai quitté la presse pour des raisons personnelles, j’avais 25 ans. J’ai toujours écrit, mais je ne voyais pas ce que je pouvais apporter. En fait, ce sont les autres qui m’ont poussé à publier. J’ai vu les résultats, j’ai vu la guérison, n’ayons pas peur des mots, de personnes qui m’entouraient. En fait, tout part de la bienveillance et de l’amour pour l’autre. Il y a des gens qui ont été
« douchés » dès l’enfance, s’ils savent « tourner la pièce », leur vie sera plus douce vers la fin. Ceux qui n’ont rien vécu dans leur jeunesse se feront « doucher » un peu plus tard, c’est comme ça, on n’est pas là pour tricoter. Il y a un sens, car il y a un après. Et cet après, je le vois depuis toujours. Je suis heureuse, car j’ai l’impression d’être utile, grâce à ma sensibilité au service de ceux qui ont envie de m’entendre ou de me lire.  Je suis en train de terminer mon prochain livre, c’est un roman initiatique qui se passe dans la maison que j’habite. Une vérité romancée, mais spirituelle.