Can Akkuzu à la table des plus grands

Un titre de champion de France à 21 ans, c’est tout sauf anodin. Une performance de choix signée par Can Akkuzu, un petit Alsacien en passe de devenir un grand nom de son sport, le tennis de table, dont il est déjà le n°3 tricolore. Avec vue sur les JO.

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Can, quelques jours après ce titre, comment on se sent ?

Je commence un peu à réaliser… Les heures qui ont suivi, c’était dur parce que c’était très intense. Les matchs, ma famille… Là, je suis vraiment content et fier de ce que j’ai fait.

Est-ce qu’on peut parler de surprise ? 

Peut-être pas une surprise totale, parce que je pense faire partie des meilleurs. Je me disais que j’avais une chance, mais qu’il fallait faire de bons matchs, et c’est ce que j’ai fait. Disons que je n’étais pas le favori au départ.

À quel moment tu as senti que ça pouvait bien se passer ?

Dès le premier tour, je me sentais bien. Et puis en battant Emmanuel Lebesson (n°2 français), en 8e de finale, je me suis dit que si je pouvais le battre, je pouvais aller très loin…  

C’est quoi ton style de jeu ?

En général je m’adapte un petit peu à l’adversaire, mais de base j’essaye d’imposer mon style de jeu contre tout le monde et n’importe qui. C’est un jeu d’agressivité. Après, je regarde l’adversaire, où est son point fort, son point faible… Mais plutôt pour réussir à insister
sur ce que je fais de mieux.

Être champion de France à 21 ans, ça ouvre des perspectives ? Les autres vont te regarder différemment ? 

J’ai quelques années devant moi, c’est vrai, mais c’est difficile de chercher des titres ! Pour la suite ça donne encore plus de motivation et d’envie, c’est une récompense de ce qu’on fait depuis tout petit… Après, je ne sais pas s’il y aura une étiquette, comment les gens vont me regarder… Moi, je vais rester le même, m’entraîner de la même façon… 

C’est le résultat aussi de tes jeunes années en Alsace, à Haguenau…

C’est mon père qui faisait du tennis de table et qui m’y a mis. De
6 ans et demi à 13 j’étais en Alsace, beaucoup de gens me suivaient, et voulaient que je réussisse, des gens qui m’ont donné la passion du tennis de table ! Julien Jung m’a repéré, il a voulu que je continue… J’aimais bien l’ambiance du club de Haguenau, j’étais toujours très content d’être là-bas. Juste être avec les gens du club. Et après on s’attache aux gens et puis au sport… À Haguenau, il y avait aussi les structures, les conditions étaient réunies pour que je réussisse, entre le club, les Missions Africaines… C’est pas donné à tout le monde de pouvoir adapter l’école avec le sport.

Dans quels domaines tu peux encore progresser ?

Je travaille sur le service-remise. Je peux aussi faire des progrès dans le petit jeu, sur les variations, des tout petits détails, la compréhension du jeu… Le travail ne me dérange pas, c’est que j’aime ça ! Mais il n’y a pas que le travail dur, il y a aussi le travail intelligent. Travailler les bonnes choses en fonction de mon jeu et de moi-même.