Ça va ça vient, ça tient à rien

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Elle avait un petit moral l’autre jour ma voisine. J’ai pensé que c’était à cause du climat, de la guerre, de la pandémie, de la vaisselle qui reste à faire, du froid matinal qui commence à bien faire, de la déclaration de patrimoine des candidats à l’Élysée, de l’image dégradante de l’espèce humaine, du prix de l’essence, du tube ça va ça vient de Vitaa et Slimane, des vacances toujours trop loin. Je me suis demandé si je n’étais pas plus déprimé qu’elle finalement avec toutes ces pensées, car c’est un fait, je serais mieux sur une plage avec la plus belle fille du monde (ou avec ma voisine), à ne rien faire, à manger des fruits coupés au soleil couchant, à écouter le bruit des vagues et à oublier celles de mon âme, les vagues. Oui, moi aussi j’avais le moral dans les chaussettes de l’archiduchesse, aucune envie d’articuler, de travailler, de m’inscrire dans un club de fitness, de faire du yoga avec une prof en live sur Internet, d’entamer une série Netflix avec les mêmes ficelles que celle que j’avais terminé à 4 du mat et qui avait tourné en boucle dans ma tête jusqu’à 6. Pourquoi je vous raconte tout ça moi, au lieu d’aller sonner chez ma voisine (ou chez la plus belle fille du monde) pour lui remonter le moral ? Parce qu’on est tous au même étage finalement, mais certains d’entre nous ont une vue plongeante sur le bonheur. Alors voilà, c’est décidé, j’ai l’intention de m’inscrire dans le club des optimistes, histoire de ne pas me laisser emporter par les vagues puissantes du dégoût, du Tædium vitæ… et Slimane, ça tient à rien.

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