Bugatti Divo : l’ultime diva made in Alsace

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Bugatti Divo

Bugatti n’a qu’une ambition : s’installer tout en haut de la hiérarchie des constructeurs automobiles. Le constructeur alsacien ajoute une nouvelle pierre précieuse à son édifice pyramidal avec la Divo, qui est tout simplement la voiture la plus chère du monde.

Bugatti est un constructeur à part dans le paysage automobile actuel. Ses productions dépassent toutes les considérations rationnelles. La Chiron, avec son moteur W16, ses 1 500 ch et sa vitesse de pointe dépassant les 400 km/h n’est pas la plus consensuelle des voitures. Les amoureux de la marque française le savent : ils sont une petite centaine dans le monde à savourer l’exclusivité des modèles Bugatti. Une étude réalisée par le constructeur révèle que chacun de ses clients possède 84 voitures. La firme alsacienne sait qu’elle s’adresse à une minuscule élite capable de signer de très gros chèques sans sourciller. Ses clients sont d’ailleurs triés sur le volet. Seuls quelques propriétaires de Chiron ont été conviés à un événement privé où a été présenté le nouveau joyau de la marque française, la Divo. Une stratégie qui paie puisque « la totalité des quarante exemplaires ont été vendus immédiatement » explique Stefan Winkelmann, P.-D.G. de Bugatti. Le tarif de 6 millions d’euros ne semble pas avoir troublé les acquéreurs… qui avaient déjà dépensé 2,5 millions pour la Chiron ! Là est la vraie excentricité de la Divo : il s’agit tout simplement de la voiture la plus chère jamais produite.

Pierre précieuse

À ce prix-là, la présentation a bien entendu été l’objet de tous les soins. Le nom de la Divo est un hommage au pilote français Albert Divo (de son vrai nom Albert Eugène Diwo), qui a remporté, par deux fois en 1928 et en 1929, la mythique course sicilienne de la Targa Florio au volant de la non moins légendaire Bugatti 35. L’écrin se devait d’être à la hauteur de la riche histoire de la marque. Les designers ont souhaité renouer avec les grandes heures de Bugatti, au cœur des années 30. Jean Bugatti avait un talent unique pour dessiner des voitures d’une finesse inégalée. Si les designers actuels n’ont certes pas ce don divin, leur trait de crayon est tout de même d’une rare élégance. Éléments incontournables, la calandre en fer à cheval, la nervure centrale inspirée de la 57 Atlantic et la ligne latérale en arc de cercle – en hommage aux meubles dessinés par Carlo Bugatti – sont ici reconduites avec classe et déférence. La Divo étant une version dynamisée de la Chiron, le lien de parenté saute aux yeux, mais tous les éléments de carrosserie sont inédits.

C’est quand le bolide nous regarde droit dans les yeux que l’on se rend compte que l’on est réellement en face d’une merveille d’ingénierie et de design. On découvre ici de nouvelles arètes saillantes, là des entrées d’air ou des optiques hypnotisants, comme ces crochets de LED intégrés dans les ailes. La Divo assure le spectacle ! L’intérieur repose sur une sportivité plus subtile : le carbone et l’Alcantara sont omniprésents et différents tons bleus et noirs s’entremêlent de manière asymétrique.

Pierre polie

Malgré toutes ces modifications esthétiques, l’écart de prix entre la Divo et la Chiron interroge lorsqu’il s’agit de faire parler la poudre. La première embarque en effet le même moteur que sa grande sœur, le fameux W16 8 l de 1 500 ch, mais sa vitesse maximale est moins élevée. La Divo peut en effet s’élancer à 380 km/h là où son aînée dépasse allégrement les 400 km/h. Alors qu’est-ce qui justifie une telle différence de prix ? Le comportement dynamique, tout d’abord. La Chiron a été pensée pour être l’une des voitures les plus puissantes du monde sur le papier, mais ses performances sur piste, lorsque les courbes s’enchaînent, ne sont pas à la hauteur de sa puissance brute. Les ingénieurs ont ainsi effectué un travail titanesque sur le châssis, l’aérodynamisme et les trains roulants. Résultat, la Divo ne devance pas moins de 8 secondes la Chiron sur le redoutable circuit de Nardo.

Dans le détail, la Divo s’avance donc avec un moteur 16-cylindres en W. Le bloc cube toujours à 8 l et développe 1 500 ch. L’aérodynamisme offre désormais un appui de 460 kg, soit 20 % de plus que celui de la Chiron. Une prouesse qui doit beaucoup à l’aileron arrière étendu sur 1,86 m et au tout aussi impressionnant diffuseur créé par impression 3D. Les modifications apportées à la plateforme technique ont permis de gagner 35 kg sur la balance. Certes, la Divo n’est pas une petite diva et pèse près de deux tonnes, mais quand il s’agit de s’élancer dans les courbes à plus de 200 km/h, ces quelques kilos gagnés sont importants. Les nouveaux réglages des amortisseurs et de la direction ainsi que le carrossage (inclinaison de la roue par rapport à son axe vertical) plus important justifie la bride électronique imposée par les ingénieurs. Le 0 à 100 km/h est toujours dévoré en 2,4 s. Puissance et maîtrise, en somme.