Brigitte Crenner, plusieurs mètres au-dessus du ciel

Née à Bischwiller en 1969, elle passe une jeunesse agréable et découvre la musique quand elle devient enfant de chœur. Au mois de décembre, Brigitte (B Drop), a sorti un tout premier CD, un EP 5 titres baptisé «Deux mètres au-dessus du ciel», un mélange de pop et de rock, de blues et jazz, plusieurs univers comme un feu d’artifice. Après un long arrêt, Brigitte Crenner, qui vit maintenant à Haguenau, est revenue à la musique, comme on revient à la vie.

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À quel moment la musique est entrée dans votre vie ?

Vers 12 ans, j’étais dans la chorale de l’église, je chantais, je faisais de la guitare et de la flûte traversière, jusqu’à l’âge de 18 ans. Après je n’ai plus rien fait jusqu’à 39 ans. J’avais ma petite vie bien tranquille. Après un BTS action commerciale, j’ai commencé à travailler comme assistante commerciale dans une société de la région et j’ai rencontré mon mari. Nous avons eu deux garçons. L’envie de faire de la musique était en moi, en sourdine. De temps en temps, je ressortais ma guitare dans des soirées. À l’approche de la quarantaine, je me suis demandée ce que j’avais fait de ma vie, ce que j’allais laisser derrière moi. J’ai recommencé à zéro. J’ai repris des cours de chant pendant six ans. J’ai poussé une porte, puis une autre, j’ai rencontré des professeurs de guitare ou de flûte, des musiciens, j’ai poussé les murs dans toutes les directions. J’ai chanté du pop-rock, du hard rock, un peu de tout. 

C’était une façon de vous retrouver ?

Oui. À un moment donné, il faut trouver la voie à suivre. Et cette voie m’a amené jusqu’à la sortie de ce premier disque. J’avais déjà écrit quelques textes et quelques musiques, mais je n’avais pas suffisamment confiance en moi. Et puis, je suis tombée sur des amis, Céline Righi, une plume au grand cœur qui fait chanter les mots, traduit les émotions et enrichit les paroles, et Yann Schaub, véritable homme-orchestre, architecte de la musique. Nous avons travaillé ensemble pendant un an et nous sommes allés jusqu’à l’enregistrement. C’est un CD cinq titres, il est téléchargeable, on peut l’écouter en streaming sur toutes les plates-formes, mais il y a aura un album dans quelque temps. Pour moi, c’est un autre défi.

C’est un disque qui vous ressemble, avec cinq titres très différents les uns des autres ?

Ce qui m’a porté, c’est le besoin de transmettre et de partager quelque chose ; je pensais avoir transmis un message aux autres, mais en fait, je me rends compte en réécoutant l’EP que le message est surtout pour moi. Il me ressemble, car il y a différentes sources : un titre pop-électro un peu planant, un autre avec du jazz et de la samba brésilienne, une sorte de boucle comme une suite d’accords répétitifs et lancinants façon Serge Gainsbourg ou Jacques Higelin, du blues rock, ou encore de la country rock qui fait référence à la route 66. 

Avez-vous d’autres passions dans la vie ?

Oui, je suis fan de voitures de sport, j’ai dédié une chanson à cette passion, j’ai écrit un texte, comme un échange hyper sensuel entre un homme et une femme, mais en réalité je vois arriver devant moi une Porsche 911, c’est ma touche de fantaisie. En fait, mon objectif est d’apporter une étincelle dans le quotidien, le temps de l’écoute du CD peut-être que le monde est un peu meilleur. 

Et dans vos rêves les plus fous, il y a quoi ?

J’en ai plein. J’adorerais tourner le clip de cette chanson autour de la Porsche 911, mettre en images l’ambiguïté du texte avec la réalité, j’aimerais que cette vidéo soit diffusée sur M6 dans turbo. En fait, dans mes rêves il y a un mélange de délire et de profondeur. Il ne faut pas se donner de limites.