Bischwiller – Club Nanook : l’appel de la forêt

Une matinée glaciale de janvier, rendez-vous était fixé au Gros Chêne à Haguenau avec le club Nanook de Bischwiller : neuf chiens de traîneau hurlaient d’impatience, harnachés à un kart et à un VTT par Magali Schaeffer, la présidente du club, et Chantal Lenglos, la secrétaire de l’association sportive de traction canine.

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La présidente du Club Nanook, Magali Schaeffer, et ses chiens Kimmick et Apache. / ©SB

« Le kart fait 130kg, moi 70 et on a six chiens. Imaginez avec un dénivelé sur neige, la puissance qu’ils développent et pourtant ils n’obéissent qu’à la voix.
Yap-yap… Okay ! », lâche Magali Schaeffer, les freins de son engin sur roues en action, le virage à droite bien négocié. La formation d’un chien de traîneau « dure toute une vie : ce n’est pas une raquette de tennis que l’on peut ranger, qu’on ait un chien ou dix, on s’engage pour 15 ans. Il faut être tout le temps avec eux pour être en sécurité ».

Si les chiens de Magali -des Husky, un berger australien, un Jack Russell à la maison- sont ses « chiens de famille », elle considère que toutes les races peuvent faire « faire du sport à leurs maîtres, pas que les nordiques, pourvu qu’ils aiment courir » : outre l’attelage sur terre ou sur neige, le cani-cross (course à pied tiré par un chien) est en vogue, les cani-VTT, cani-trottinette ou cani-rando également.

D’ailleurs, les trois minis Australiens, avec le VTT de Chantal aux talons, tentent de dépasser sur la droite du kart…raté, ils n’osent pas !

« On n’abîme rien,on ne fait que passer »

Avec une centaine de membres, dont 60 licenciés sportifs, le club Nanook, fondé en 2006, compte toutes les générations dans ses rangs, également un champion du monde, et de plus en plus de femmes. « On s’adapte avec l’âge, sourit Magali, selon ses articulations, et aux chiens aussi, car ils décident d’arrêter de courir un jour. Moi j’ai commencé à 8 ans avec un chien, puis 2 puis 3 puis 14 pour la compétition. Maintenant je n’en reprends plus, certains sont à la retraite, on finit tranquillement ».

Tandis qu’un sanglier coupe la route du kart et avant qu’un Yorkshire n’échappe aux crocs primitifs des Husky, Magali plaide : « Dans la forêt, on n’abîme rien, on ne fait que passer, on se respecte avec les chasseurs et les gardes forestiers ». Pareil lors des courses en montagne ou des démonstrations dans les villages : « Oui, ça fait du bruit parce qu’ils sont pressés de partir, mais les déjections, on les ramasse, c’est carré ». À voir l’engouement du public pour les sports de plein air, et avec plus de 7 millions de chiens en France, Kimmick, Charly, Zouzouille, Suriya et les autres vont se faire plein de copains.

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