Benjamin Steinmann réalise son 2e rêve

Benjamin Steinmann a réalisé son premier rêve avec 4000 euros, la totalité de ses économies. Passionné par l’histoire des Malgré-Nous, il était loin d’imaginer ce qui allait lui arriver. Deux ans plus tard, le tournage de son deuxième film vient de commencer.

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« Mon premier film a changé sa vie », affirme le jeune réalisateur, encore incrédule. En Alsace, 7000 spectateurs ont découvert «In Memoriam» lors de séances dans des établissements scolaires ou dans des salles de cinéma.

Mieux, cette année il voyagera loin, très loin : « Nous allons le présenter dans deux festivals en Allemagne, à Leipzig et Fribourg et aux États-Unis au mois de septembre avec l’Union des Alsaciens à New York. In Memoriam sera projeté également à Montréal, Boston ou Washington. Pour un jeune de Hunspach, finir à New York c’est incroyable », s’illumine le réalisateur.

«Pour le deuxième long-métrage, nous suivons une famille alsacienne de 1930 à 1950, on aborde un sujet qui me tient à cœur, les Malgré-Elles, ce qui est très rare sur grand écran. Certaines pouvaient être des gardiennes de camp de concentration. On parle aussi de ce qu’il se passait dans un village alsacien pendant cette période, des menaces qui pesaient, du viol. Nous évoquons un groupe de femmes qui se serrait les coudes», poursuit Benjamin Steinmann.

Des soutiens en Alsace du Nord

Le film, qui n’a pas encore de titre, est écrit en alsacien, comme le premier, mais cette fois-ci, il est soutenu par le service bilinguisme de la Région. Un miracle n’arrivant jamais seul, quelques entreprises ont décidé spontanément d’aider le réalisateur : « Je n’avais pas forcément l’idée de réaliser un deuxième long-métrage, mais en sortant de la salle, les gens m’encourageaient à le faire, ils m’assuraient de leur participation. Au total, une vingtaine de sociétés d’Alsace du Nord notamment ont tenu leur promesse, c’est assez incroyable. Quand on part sur un deuxième projet, même si l’on est très motivé, il faut que cela suive financièrement, car c’est très compliqué de monter un film avec ses propres moyens, je l’ai vécu sur le premier, c’est souvent quitte ou double », insiste le jeune cinéaste.

Christian Hahn au générique

Du coup le film sera plus ambitieux et tourné en partie sur le site de l’Écomusée d’Alsace à Ungersheim, partenaire du projet : « Je vais essayer de faire des plans différents, de poser une narration ce que je n’ai pas fait dans le premier. Je ne ferai plus l’erreur de tout filmer et de monter ensuite, je finirai mes séquences et je les monterai au fur et à mesure », dit-il.

La grande difficulté restera néanmoins la direction d’acteurs, pour la plupart amateurs : « Il y aura des scènes avec une centaine de figurants, là aussi c’est une autre gestion, mais ce que je préfère dans le cinéma, c’est diriger les acteurs, et j’apprends chaque jour ». La bonne surprise est la présence de Christian Hahn, emballé par le premier film, le comédien alsacien a accepté immédiatement de participer à cette nouvelle aventure. Pour voir ce que cela donne, rendez-vous en septembre 2022, et peut-être même avant.