Anastasia Rauch – Cœur palpitant

La jeune chanteuse mulhousienne fête ses 10 ans de carrière avec la sortie de Ton cœur à remonter, un nouveau single et un clip qui annoncent son prochain album. Après de nombreux concerts, des festivals et des levers de rideau prestigieux (Jane Birkin, Emily Loizeau, Cali, Brigitte, M), Anastasia Rauch devrait imposer bientôt aux yeux et aux oreilles du monde ses chansons et sa pop surréaliste. Nous, on y croit, on est même très remontés.

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©DR
La musique est arrivée très tôt dans votre vie ?

Oui, mon père jouait beaucoup de piano. Jazz et classique. Mon grand-père aussi était passionné de musique. Il était agriculteur et en même temps fou de musique. Chez lui, il y avait un piano, un violoncelle, un trombone, il chantait beaucoup et il écrivait de la poésie.

À quel moment avez-vous découvert que vous aviez cette voix-là, une voix presque jazz ?

Ce n’est pas venu tout de suite. Dans mes premiers groupes de musique, je faisais de la guitare et je chantais plutôt punk rock. Après, c’était plutôt du reggae, j’avais une voix très aiguë. À force de chanter, vers 2008, elle s’est posée.

Vous avez grandi en Alsace, avant de faire des études en musicologie et de partir à Paris avec un projet d’album! Racontez-nous ce qui s’est passé.

Je suis entrée au studio Ferber pour travailler avec Renaud Letang qui a réalisé de nombreux albums pour des gens que j’admire comme Feist, Philippe Katerine, Manu Chao, Émilie Simon, Alain Souchon ou Mathieu Boogaerts. J’étais alors accompagnée par une boîte de production parisienne qui devait financer le projet, mais il y a eu un gros problème financier. J’ai été obligée d’abandonner le studio. Je suis revenue vivre à Mulhouse. Mais j’ai eu de la chance, j’ai quand même pas mal tourné. Mon dernier concert date du 13 mars 2020… Ensuite il y a eu le covid, et j’ai eu un enfant l’année dernière. C’était un petit break dans ma vie d’artiste qui est « bien tombé ».

Le confinement vous a permis d’écrire ?

Oui, c’était chouette, cela faisait pas mal de temps que je ne m’étais pas posée, pour ne penser qu’à la musique sans être obligée de faire des concerts, de gérer les régies. Il y avait ce calme qui m’a fait du bien. J’ai eu la chance de m’installer dans un chalet en pleine nature avec mes instruments de musique. J’ai travaillé sur de nouvelles compositions et l’on a commencé à réfléchir aux vidéoclips qui accompagneront l’album. Je prépare la sortie d’un album, avec des chansons écrites depuis un moment et d’autres qui sont arrivées pendant ce confinement.

Le nouveau clip d’Anastasia à voir sur Youtube. / ©Documents remis
Et vous retrouvez #14 Records, votre label historique ?

Oui, je me sens super bien. Je sais qu’avec eux, j’irai au bout de ce projet quoi qu’il arrive. Je suis très heureuse de retravailler avec Joël Beyler. C’est avec lui que j’ai sorti mon premier disque, c’est lui qui m’a emmenée dans une carrière professionnelle. En ce moment, je suis en pleine phase d’enregistrement et je vais travailler sur un nouveau spectacle. Je compte bien proposer un joli show au public. Je suis un peu comme une marmite qui bout, j’ai une folle envie pour montrer la suite.

Pour annoncer ce nouvel album prévu pour octobre, vous venez de sortir un single, Ton cœur à remonter, avec un clip magnifique. C’est un moment important ?

Ce titre a été enregistré en 2018 avec Renaud Letang, c’était le titre qui nous promettait beaucoup de choses. C’est maintenant un apéritif avant le prochain album, et je suis tellement soulagée de montrer un petit bout de mon travail. Finalement, le sens de cette chanson colle assez bien avec ce que j’ai traversé. Il y a un rapport avec l’enfance, ça fait vraiment écho aujourd’hui, car je suis devenu maman. Je me suis rendu compte que le temps était un drôle d’oiseau. Avant, j’en avais beaucoup, mais je ne l’utilisais pas aussi bien qu’aujourd’hui.

Être artiste et avoir un enfant, ce n’est pas forcément évident, il faut laisser la place, beaucoup de place…

Complètement. Il faut que j’aménage mon planning, tout est complètement tendu, tout le temps. La journée, je me consacre à mon petit, je travaille la nuit et je me réveille avant lui pour travailler.

Comment définir le monde d’Anastasia ?

Je crois que c’est d’abord la poésie. Un style d’écriture un peu surréaliste, sucré, un peu comme une question philosophique sans réponse. Musicalement, c’est de la pop, de la chanson, mais j’écoute tellement de choses que j’ai du mal à définir une catégorie, à définir ma musique de telle ou telle façon. Je vais encore évoluer et voyager dans différents styles. Tant que cela me plaît, il n’y a pas de problème. C’est un univers qui doit s’adapter à mon cœur.

Quel est votre rêve le plus fou ?

D’enregistrer de la musique, parce que j’ai été tellement frustrée depuis 2017. Je prends tellement de plaisir à être en studio. Si je pouvais enregistrer un album tous les ans… Cela serait mon rêve le plus fou jusqu’à la fin de ma vie. Depuis 10 ans, j’ai réussi à vivre de la musique, c’est vrai sans connaître le grand succès, mais ce n’est pas forcément ce qui m’intéresse, je n’ai pas envie de faire The Voice ou de la variété, je suis très fière des gens avec qui je travaille et avec qui je fais ma musique.

Vivre en Alsace est un choix. Un bon choix pour mener une carrière de chanteuse ?

Oui. En fait, je ne me pose pas vraiment cette question. En Alsace ou ailleurs, il faut que je me débrouille. J’aime faire de la route, j’aime voyager et rencontrer des gens. Je suis bien dans mon projet, à Mulhouse ou autre part, je mets toutes les chances de mon côté pour y arriver.

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