Alstom-Stal : l’emploi local en difficulté

Il y a quelques jours, une réunion publique sur la situation économique de la commune était organisée à la mairie de Reichshoffen. Au centre du débat : les coups durs pour l’économie locale. Chez l’industriel du ferroviaire Alstom, la perte du contrat de la SNCF pour la fabrication de 28 Intercités est difficilement acceptée. Chez STAL (Société de Tréfilerie d’Alsace), la mort du site est annoncée, les 64 salariés seront à la porte pour la fin de l’année.

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Dans la salle de réunion de la mairie de Reichshoffen, l’ambiance était tendue et l’inquiétude se lisait sur les visages.

Hubert Walter, conseiller régional et maire de la commune, a ouvert le débat et a laissé la parole au public présent. Pour l’année 2020, un temps de travail réduit est annoncé chez Alstom. Et, à très court terme, pour les salariés de STAL, l’avenir professionnel est incertain suite à l’annonce de la cessation volontaire d’activité du site de Reichshoffen par le groupe allemand Wolf.

Un coup dur pour les salariés d’Alstom

Le 18 septembre, la SNCF a choisi le constructeur ferroviaire espagnol CAF pour la fabrication de 28 Intercités. Selon les syndicalistes d’Alstom, « la décision était verrouillée depuis le mois de juillet ».
Un choix sans appel, mais qui suscite néanmoins des interrogations : l’industrie ferroviaire nationale est-elle en perte de vitesse ? Pourquoi les emplois en région ne sont-ils pas sauvegardés ? Les prochains contrats iront-ils à la concurrence? Les raisons de ce choix ne sont pas connues. « C’est une affaire politique », déclarent les syndicalistes et « surtout une grosse déception pour tous les salariés ».

Dernière minute

Le 22 octobre, le président de la Région Grand Est accompagné des élus de trois Länder allemands, le Bade-Wurtemberg, la Rhénanie-Palatinat et la Sarre, se sont rendus sur le site d’Alstom. Ils ont signé une commande pour la conception et la fabrication de 39 rames, 30 pour le réseau ferroviaire allemand et 9 destinées au réseau français, pour un montant de 360 millions d’euros.

Une mort certaine pour STAL

Chez STAL, la fermeture est programmée. Le site de Reichshoffen produit à 80% du fil cuivré pour les pneumatiques, mais la branche ne serait plus rentable. Le 16 septembre, le groupe allemand Wolf a annoncé une cessation d’activité volontaire. Un choc pour les 64 salariés du site. « Il n’y a pas eu la volonté de recourir à une autre solution ni même celle de chercher un repreneur », indique Jean, employé de la société comptant 25 ans d’ancienneté. Le Plan de Sauvegarde de l’Emploi (PSE) sera signé le 20 novembre prochain, date butoir fixée par la direction, et la production sera arrêtée le 6 décembre. Pour une poignée de salariés, la peine sera double : après cette date, ils resteront sur le site pour le démontage des machines.