30 ans après, retour sur la réunification allemande

Samedi 3 octobre, l’Allemagne a fêté les 30 ans de son unité. Un jour devenu aussi celui de la fête nationale. Odile Planson, doctorante à l’Université de Strasbourg, décrypte la mémoire de ce tournant de l’histoire allemande.

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Le 3 octobre 1990, le traité de réunification des deux Allemagne était ratifié. Près d’un an après la chute du mur de Berlin, le 9 novembre 1989, l’Allemagne de l’Est et l’Allemagne se retrouvaient. Trente ans après, quel portrait dresser de l’unité allemande ?
« Le 3 octobre est devenu le jour de la fête nationale. Pas forcément un jour très joyeux dans la tête de beaucoup d’Allemands », pose Odile Planson, doctorante en Études germaniques à Science Po Strasbourg.

« L’euphorie est passée, le discours mémoriel en a pris un coup », analyse l’historienne. « Le discours médiatique réduisait la RDA à une dictature. À la réunification, la question de savoir ce qu’on gardait d’un côté ou de l’autre s’est posée. À l’Est, les femmes bénéficiaient d’un système de crèches qui leur permettaient de travailler. Ça n’a pas été conservé ». Désormais, les historiens s’attachent à étudier le quotidien du citoyen en RDA leur permettant d’aborder de nouveaux sujets comme l’agriculture ou la gestion des déchets.

« L’ambiance n’est plus à la fête »

« Les acteurs politiques ou les grands patrons sont majoritairement issus des Länder de l’Ouest », complète Odile Planson. Aujourd’hui, des disparités économiques et sociales entre l’Est et l’Ouest subsistent : « Des territoires en ex-RDA restent en difficulté, il y a un problème de main d’oeuvre », explique l’historienne.

En septembre, le rapport annuel de l’unité allemande pointait des salaires plus bas de 12% en moyenne à l’Est. Au début du mois, l’Allemagne a fêté les 30 ans de son unité : une exposition en plein air s’est déroulée à Postdam, des événements ont eu lieu à Berlin. « Cette réunification s’est mal passée, l’Allemagne en paye encore le prix aujourd’hui avec la montée en flèche de l’extrême droite et les attentats », analyse Odile Planson.
« L’ambiance n’est plus à la fête ».